J’espère ne pas vous avoir trop manqué durant cette longue absence. Il faut bien reconnaître que j’ai pris mon temps, un peu plus que je ne l’avais annoncé… Mais vous verrez pourquoi si vous me lisez jusqu’au bout.
Tout d’abord, quelques nouvelles générales : ici tout va bien (si vous étiez inquiets, vous voilà rassurés, si vous ne l’étiez, vous avez eu raison). De cette longue absence, j’ai quelques histoires à vous raconter. Certaines sont assez cocasses, d’autres un peu moins drôles…
C’est donc reparti pour un tour du côté de San Antonio, au pays des cow-boys, des sombreros et du soleil brûlant.
Quand votre flore intestinale vous dit au revoir…
Commençons bien, commençons fort ! Eh bien oui, comme vous pouvez le lire, le mois précédent fut celui d’une perte : celle de ma flore intestinale… Elle m’a quitté avec pertes et fracas (cette expression n’a d’ailleurs jamais pris autant de sens qu’ici) mais elle a quand même eu le bon goût de le faire un dimanche, le dimanche 10 juin.
Lorsqu’on arrive dans un nouvel environnement et que l’on consomme des produits locaux, il arrive parfois que notre flore intestinale doive d’adapter. La transition peut se faire en douceur comme violemment… Pour ma part, les premières semaines se sont relativement bien passées même si un des premiers repas au restaurant m’avait laissé un peu vaseux. Je pensais donc que mon petit système digestif s’était fait de nouveaux amis sans souci. Me trompais-je lourdement que j’en dus faire l’expérience… Effectivement un germe pas très amicale m’a remis sur le droit chemin, m’intoxiquant sans doute après la consommation d’un aliment contaminé ou d’une eau courante à l’assainissement douteux. Quoi que ce fusse, mon dimanche en fût bouleversé et moi avec. Crampes d’estomac, vidanges sans ménagement, je vous épargnerai les détails d’une bataille intestine plus que violente. Le tout s’est accompagné d’une fièvre et surtout de courbatures qui m’ont poursuivi les jours suivants, stigmates d’une violente dispute physiologique. Autant vous dire que cette journée et la nuit qui suivit ne furent pas vraiment de tout repos. Mais cette crise, si violente fut-elle, ne dura pas très longtemps : après un jeûne le jour du lundi, les choses revinrent quasiment à la normale le surlendemain.
Depuis ce temps-là, plus de problème gastro-intestinal : ceci m’aura au moins apporté une nouvelle flore sans doute plus adaptée aux produits locaux. En souhaitant longue vie à mes petits microbes et en espérant que cela ne se reproduise pas car une fois est bien suffisant, vous pouvez me croire.
…mais que vous vous faites un nouvel ami !
Cette crise intestinale fut aussi l’occasion de me faire un nouvel ami… dont je me serai passé… Et pour le coup, il ne s’agissait pas de microbes !
Lorsque je me suis couché ce soir-là, mal en point que j’étais, j’eus la surprise d’entendre un bruit étrange derrière la cloison de mon dressing, se situant à la droite de ma chambre. J’ai d’abord attribué ce bruit à mon voisin mais il se produisait par intermittence et se prolongeait dans la nuit. Je l’ai alors assigné à un délire dû à mon état fiévreux mais cette conclusion ne semblait pas me satisfaire car je ne trouvai pas le sommeil. Une autre hypothèse me vint semble-t-il plus convaincante pour mon esprit car me permettant de trouver les bras de Morphée sans encombre : il s’agissait probablement d’un petit mammifère qui grattait à la cloison. Je ne savais pas encore à quel point j’avais raison et à quel point j’allais le regretter…
Ce petit animal, rongeur ou insectivore, semblait s’être perdu et cherchait désespérément à trouver une sortie. Je n’avais encore aucune idée de sa provenance et à vrai dire l’état dans lequel je me trouvais me préoccupait plus que sa présence. Cependant, ma fièvre me réveillait à intervalle régulier et me permettait de suivre sa progression derrière la cloison, l’entendant gratter de plus en- plus près, semblant creuser un tunnel pour rejoindre l’extérieur. Au petit matin, j’entendais des petits couinements. Le pensant entre mon bâtiment et celui mitoyen, je m’étais dit qu’il trouverait la sortie bientôt après une nuit d’effort. Pour ma part, je m’étais réveillé dans un état plus que vaseux ne sachant toujours pas si ce que j’avais entendu pendant la nuit était bien réel. Au final ce le fut, se rappelant à mon bon souvenir à plusieurs reprises au cours des jours suivants.
Après cette nuit-là et durant les jours suivants, je n’entendis plus de bruits derrière ma cloison. En revanche, d’autres bruits au niveau du plafond se produisirent. Ce n’était pas la première fois que je les entendais mais je les avais attribués à mon cher et tendre voisin. À la lumière de l’hypothèse de ma nuit enfiévrée, une nouvelle interprétation beaucoup plus pertinente m’apparut : il s’agissait de plusieurs autres petits mammifères se situant dans les combles du bâtiment mitoyen… Ces combles devaient servir de nid à ces derniers surtout durant la période de reproduction dans laquelle nous devions être. L’animal derrière la cloison avait été alors probablement un des petits de la dernière portée ou bien un adulte maladroit. Quoiqu’il en soit, je n’avais finalement pas qu’un seul nouvel ami mais toute une famille… Leur petit manège dura une bonne semaine avant de ne plus entendre aucun bruit. Durant ce même temps, j’ai tenté de vérifier s’il existait un espace entre mon bâtiment et le bâtiment mitoyen expliquant peut-être la présence du malheureux : aucun espace visible… J’en tirai donc deux conclusions évidentes : il doit exister un vide entre les cloisons des deux bâtiments communiquant sans doute avec le comble de l’autre bâtiment et surtout, le malheureux n’avait aucun moyen de s’échapper et peut-être même de faire demi-tour une fois dans son tunnel. Son sort avait dû être scellé cette triste nuit du dimanche au lundi. J’en eus la confirmation quelque temps plus tard.
Le premier indice fut l’odeur. En effet, au cours de la deuxième semaine suivant cet événement une odeur insidieuse de pourriture se glissait petit à petit dans l’appartement. Pensant au début à ma poubelle, le temps extérieur se réchauffant quelque peu, je me suis vite aperçu de le présence plus forte de cette odeur dans ma chambre plus que dans toute autre pièce. Bien que désagréable, après une heure dans l’appartement je ne sentais plus rien. Ceci ne me dérangea donc que moyennement. Et puis une semaine plus tard, plus rien. Je pensais que cela serait le point final de cette triste histoire. J’étais loin d’imaginer qu’un autre indice de la présence du malheureux se manifesterait plus visiblement.
En effet, une semaine après les derniers effluves apparurent l’autre signe de la présence d’un cadavre : les mouches. Ces mouches étaient typiquement des mouches à viande que l’on trouve sur des animaux en décomposition. Et il semblerait qu’une partie au moins d’entre elles aient suivi le même chemin que ces chers effluves, confirmant une communication entre le montant de ma fenêtre et le fatal espace entre les cloisons (mon bâtiment ayant dû subir quelques déformations depuis sa conception). Ainsi durant cinq jours, neuf mouches de taille imposante se sont pointées dans mon appartement, une à une en général, deux vers la fin. Redoutant une invasion massive qui ne se produisit pas à mon plus grand bonheur, je pris le problème au sérieux dès le début : journal enroulé, œil aiguisé, geste vif. Sans doute une capacité hérité de mon père, uniquement une seule survécu à mon courroux. Cette période fut d’ailleurs propice au souvenir, lorsqu’âgé d’une dizaine d’année et admirant le talent de mon père dans cet art, je l’avais affectueusement surnommé de « tapette à mouche ». Il m’avait alors révélé que le mot tapette pouvait avoir un sens caché que je ne saisis qu’à moitié à l’époque mais qui faisait que ce qualificatif n’était généralement pas considérée comme gratifiant. Mais durant ma basse besogne, je ne pus m’empêcher de me considérer comme une tapette, dans le sens le plus glorieux du terme (si tant est qu’il y en ait un).
Ainsi fut-il de la vie de mon nouvel ami qui trouva son terme à l’issu de mon jour de mal être mais qui se rappela à moi régulièrement par différentes manifestations et dont les derniers instants sont immortalisée maintenant par ces lignes. Nous ne pouvons maintenant lui souhaiter qu’une seule chose : RIP.
Voisins, chers voisins, que nous vous aimons !
Ses voisins, c’est un peu comme ses collègues de travail, on ne les choisit pas… Dans certains cas, on a de la chance, ils restent plutôt tranquilles, dans d’autres, c’est un peu plus compliqué. À Poitiers, j’avais déjà eu l’occasion avec ma chère et tendre de goûter aux joies d’un voisinage agité. Cependant, une mise au point sur les deux heures du matin avec la menace d’un appel aux autorités avait calmé les jeux nocturnes. Je me demandais ce qu’il en serait dans mon nouveau logement américain.
Je dois bien dire que dans l’ensemble je n’ai eu aucun problème depuis mon arrivée. Mais il semblerait qu’un nouveau voisin se soit installé très récemment et que celui-ci ait à la fois la bougeotte et le pas lourd… La conjonction des deux vous donne des bruits sourds incessants. Le plus désagréable se produisant durant le week-end. Je ne sais pour quelles raisons obscures il doit se déplacer constamment entre sa cuisine et son salon (si le plan de son appartement est identique au mien, ce que je suppose) mais entendre ses pas à longueur de journée est assez insupportable. Cependant, le bruit se produit toujours durant la journée et sans plus d’excès que le bruit sourd (mais insistant) de ses pas. Pour le moment, j’ai pris la décision d’accepter ces bruits et de faire avec (ce qui fonctionne mais certains jours avec moins de réussite que d’autres). Peut-être prendrai-je la décision d’aller le voir pour lui expliquer la situation mais je dois bien avouer que le faire dans une langue étrangère ne me rassure pas trop d’autant plus que j’ai bien peur de faire un impair si la personne présente un poids conséquent. Donc pour le moment, observons. Mais une conclusion s’impose, les constructions en bois ne semblent pas optimal pour ce genre d’isolation phonique, sachant que tous les appartements possèdent de la moquette qui est sensée atténuer les bruits de pas…
Cet épisode fut aussi une occasion pour moi de me remémorer un autre souvenir de mon enfance, lorsque moi aussi j’avais le pas lourd et que mes parents me rappelaient à l’ordre et me démontraient que marcher avec le talon n’était pas vraiment le moyen le plus efficace de marcher silencieusement et de ne pas déranger les personnes à l’étage inférieur. Comme quoi, l’éducation a tout de même du bon…
Tautavel, mais ne serait-ce pas par chez moi ?!
Voici une petite anecdote fort sympathique. Mon chef, Tim, a organisé le dernier week-end de juin, une soirée chez lui afin de réunir des gens du laboratoire et de discuter d’autres choses que de travail. C’était fort agréable et ceci nous a permis de faire la connaissance de sa femme et de ses enfants, tous fort sympathiques. Au cours du repas, quelques bouteilles de vin ont été débouchées et parmi l’une d’entre elles, se trouvait une bouteille d’un domaine du village de… Tautavel…
Je leur ai fait part de ma surprise à la lecture de l’étiquette, leur ai expliqué où se situait le village en question et quel fossile particulier avait été découvert dans les années 70, le plus vieux représentant de la lignée humaine en Europe. C’est certainement la plus grosse surprise que j’ai eu pour le moment. Mais c’était une agréable surprise qui m’a permis de faire connaître l’une des régions que j’ai habitée (grand voyageur que je suis…).
Le steakhouse à la mode brésilienne ou le temple de la viande !
L’une de mes dernières expériences culinaires du moment (très récente puisque datant de vendredi) fut un dîner dans un des steakhouses du centre-ville de San Antonio dignement nommé Texas de Brazil. Les Brésiliens semblent être des consommateurs avertis de produits issus des différentes parties du veau, du bœuf ou encore de l’agneau. Ils sembleraient exceller dans l’art de griller ces différentes parties (tout du moins comme me l’a soufflé le Brésilien de l’Institut, notre cher Marcio). Il nous avaient été conseillé par l’organisatrice du dîner de jeûner le fameux jour, chose que je fis.
Le soir venu, nous allâmes donc à notre rendez-vous avec quelques collègues voisins. Une fois installés, nous avons eu droit à la petite explication concernant le fonctionnement des commandes : si vous souhaitez des légumes, buffet à volonté à quelques enjambés, si vous souhaitez de la viande, prenez votre petit jeton présentant sa face rouge sur votre tableau et retournez-le pour que la face verte soit visible. À partir de ce moment, les serveurs qui circulent avec les broches sur lesquelles se trouve la viande grillée viendront vous voir et vous pourrez ou non accepter ce qu’il vous propose. Autant vous dire que le concept entrées / plat est à oublier…
Étant de nature à profiter de ce qu’on m’offre, j’ai goûté à toutes les viandes (ou presque). Je peux vous dire que si jamais vous souhaiter allez dans un steakhouse de qualité, je ne saurais que trop vous le recommander. La viande était tout bonnement succulente : filet de bœuf et autres parties que je n’ai pas vraiment reconnues, gigot d’agneau, cuisses de poulet avec bacon, cuisses de poulet panées au parmesan, saucisses brésiliennes (qui est le seul met sans aucun intérêt car n’étant que graisse et peu goûteux). Autant vous dire que mon instinct carnassier s’est bien réveillé et que les légumes furent mis un peu de côté. Bien qu’ayant mangé plus que de raison, je m’étais tout de même octroyé un petit dessert (cheesecake nappé de caramel) accompagné d’une liqueur ressemblant furieusement à du Baileys.
Vint alors le moment de l’addition. Si votre viande avait manqué d’assaisonnement, soyez assuré de trouver l’addition bien salée. Je me suis donc dit que je n’avais pas eu tort de ne pas me priver : le forfait était de 42$ pour le menu « viande ». Autant vous dire qu’ils ont largement de quoi se payer le bois et le charbon pour faire cuire assez de viande pour tout un quartier avec ce que vous leur laisserez… Mais bon, la qualité étant là, je n’ai rien regretté. Et j’en connais une qui ne se privera pas non plus en août…
Quoi qu’il en soit, si vous être végétarien, vous l’aurez compris, passez votre chemin !…
La petite surprise qui s’est tant fait attendre (mais que vous n’attendiez sans doute pas…) !
L’une des raisons du retard de cette publication était une chose que je devais faire depuis un an et que je m’étais obligé à faire avant de publier ce nouveau billet. Étant obstiné mais manquant un peu de courage, je dois dire que j’ai un peu procrastiné… En même temps, ça faisait un an que je procrastinais en fait. Quelle est donc cette chose si angoissante ?… Revenons un an en arrière.
Juin 2011, Poitiers. Le temps de ce mois est plutôt beau (en tout cas, bien meilleur que celui de l’année qui suivra). Les jours du mois passent et nous arrivons au 15 juin. Mais qu’y avait-il le 15 juin ? Oui, le premier mois de mes 27 ans (merci d’y avoir pensé). C’était aussi l’anniversaire de Michèle Laroque, Guy Bedos, Johnny, Claudre Brasseur (mais à vrai dire, là n’est pas vraiment le propos). Il s’agissait surtout ce jour-là d’un jour important pour moi : ma soutenance de thèse !
Comme certaines personnes n’avaient pu assister à ma soutenance (principalement mon frère qui était en Nouvelle-Zélande à cette époque), j’avais décidé avec l’aide d’un ami de faire une vidéo de cette soutenance. La vidéo fut faite, le jour même et j’avais prévu de faire le montage dans le mois qui suivait. Mais je dois bien avouer que me voir en vidéo n’est déjà pas vraiment une chose agréable, voir ma propre soutenance ne faisait que faire resurgir des sensations de tension assez désagréables. Je remettais donc ce montage toujours à plus tard.
Mais l’anniversaire de ma soutenance venant, je m’étais dit que c’était l’occasion de retenter la chose. Eh bien même un an après, les sensations sont toujours-là bien qu’un peu moins fortes. Néanmoins, je m’étais dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais (ce qui se serait sans doute avéré juste). Après un peu de procrastination, je m’y suis mis mi-juillet. Finalement, en une semaine, l’affaire était bouclé. Je dois bien avouer que ce fut plus facile que prévu. Cela sans doute pour une raison simple, c’est que j’ai commencé par monter les moments les plus sympa (sur la fin), ce qui finalement m’a donné plutôt une impression positive. Cependant, je pense que je ne serais sans doute jamais capable de regarder cette vidéo en entier ou alors dans une bonne paire de décennie si ce n’est pas plus.
Vous trouverez donc le fruit de ce travail pour ceux qui souhaitent voir ma soutenance (ceux qui n’y ont pas assisté ou ceux qui sont curieux de la chose). Je dois remercier Seb pour sa cruciale participation (ayant fourni le matériel et été le réalisateur). Voilà donc la fameuse surprise que vous pourrez la télécharger ici (si jamais le lien n’est pas valide, laissez-moi un commentaire et j’y remédierai). La vidéo est au format ogv et n’est lisible que sur un ordinateur. Si vous n’arrivez pas à la lire, vous pouvez télécharger le lecteur libre VLC. La qualité sonore n’est pas optimale, ayant fait ce que j’ai pu pour améliorer les choses en post-production (eh oui, employons le jargon approprié). En espérant que vous passerez tout de même un moment agréable.
Et voilà, ainsi se termine ce billet. Comme vous pouvez le voir, je me suis bien rattrapé. Et encore, j’aurais pu en dire plus mais je me réserve quelques petites choses pour le mois de septembre. Eh oui, nous ne nous retrouverons pas avant la rentrée, non pas que je m’accorde une pause estivale car je n’en ai clairement pas (rappelez-vous que je n’ai que deux semaines de vacances et qu’elles ne se pointeront pas avant décembre…). La raison profonde et essentielle de cette absence n’est autre que la présence de ma chère et tendre Winka durant ce mois. Elle passera un été studieux puisque rédigeant sa thèse (ce qui tombe bien car je serai au travail). Mais les week-end, eux, seront consacrés à la visite des environs que j’ai somme toute assez peu explorés finalement.
Donc ne perdez pas l’endurance que vous avez acquise durant ces quasiment deux mois d’attente !
En vous souhaitant un bon été et de bonnes vacances pour les plus chanceux.
À la prochaine !
