Mystère et vitres teintées…

C’est parti pour un cinquième tour !! Il faut bien dire que la routine commence clairement à s’installer… Il ne m’arrive plus vraiment de choses passionnantes (en tout cas pour le moment). Je pense que le rythme des publications s’étalera un peu (on va essayer un rythme bimensuel), histoire d’avoir des choses à vous raconter.

Mais je vais tout de même vous faire part de mon unique et ô combien passionnante aventure de la semaine. Accrochez vos ceintures, nous allons parler voiture !!

Pour éviter les coups de soleil, encore faut-il être équipé !

Comme je vous l’avais déjà dit, dans mon petit coin, il y a pas mal de soleil. On peut même dire qu’on est plutôt bien loti. Mais qui dit soleil, dit éblouissement et grosse chaleur ! Or quand on passe une partie de sa journée dans une voiture, il vaut mieux être à l’abri de notre cher astre.
Lors de l’achat de ma mouture texane, il m’a été proposé de faire teinter mes vitres. Je dois bien avouer que c’était une option qui m’intéressait, tout d’abord parce que j’avais bien remarqué que le soleil était assez présent, mais également parce que beaucoup de monde possédaient des vitres teintées, indiquant une utilité certaine de la chose (bien que le comportement général ne soit pas toujours le meilleur, ici je pense que c’est quand même le cas). Mon cher vendeur, qui prenait de mes nouvelles régulièrement, m’a indiqué une entreprise spécialisée dans la teinte de vitres de voiture. Il m’a donc donné coordonnées géographiques et téléphoniques. Je dois bien avouer qu’au début, je voulais m’y rendre directement pour prendre rendez-vous mais ayant mis un certain temps à me déplacer, j’ai décidé d’en prendre un par téléphone. Ah le téléphone, mon ami… L’appel ne s’est pas trop mal passé mais il est toujours difficile de comprendre les gens (surtout quand ils ont un accent texan) et de se faire comprendre… Mais quand il y a de l’argent à se faire, il ne faut pas s’inquiéter, ils feront tous les efforts du monde. Du coup, appel le lundi pour un rendez-vous le mardi entre midi et deux.
Mon ami le GPS (gracieusement prêté par ma collègue australienne Claire) m’est toujours d’un précieux secours lors de mes déplacements dans mon nouvel environnement (il faut dire qu’il est assez difficile d’avoir de bons repères). Cette fois-là, il a encore assuré un max ! Une fois l’adresse rentrée, direction ma petite entreprise qui ne semble pas connaître la crise, surtout par ici. Prise en charge de la voiture à 13h, choix de la teinte des vitres : un choix imposé à l’avant par la loi (relativement clair pour pouvoir distinguer le conducteur) et choix libre à l’arrière, à savoir soit la même teinte qu’à l’avant, soit plus foncé pour le même prix. Le petit moment de folie de la journée : choisissons plus foncé à l’arrière ! Je me doutais que la pose prendrait un certain temps. J’avais donc amené un peu de lecture, histoire de patienter. Mais je dois bien dire que le service fut tout de même assez rapide. Une heure plus tard les 5 vitres sur les 6 que compte ma voiture furent teintées (le pare-brise ne l’est pas, sans doute aussi imposé par la loi). On me rend les clés de ma voiture nouvellement customisée (ah, je peux vous dire qu’elle a de la gueule !) et on m’indique les quelques consignes à suivre pour les prochains jours : ne pas baisser les vitres dans les trois prochains jours et ne pas laver l’intérieur des vitres dans le mois qui vient. Pour le paiement, celui-ci avait été fait lors de l’achat de la voiture. Mais j’ai tout de même eu la surprise d’apprendre qu’il m’avait préparé une facture de 110$ alors que l’option m’avait coûté 200$… Ah, il n’y a pas de petits profits chez les concessionnaires (qu’ici s’appelle dealers…). Je monte dans ma superbe voiture sur laquelle je ne devrais plus avoir de grosses dépenses pendant un certain temps. Petite explication technique concernant la teinte des vitres : il s’agit d’un film foncé, autocollant, posé sur la face interne des vitres. Le film semble être posé à l’aide d’un solvant, d’où les précautions précédentes pour éviter de le décoller ou déchirer. Les trois premiers jours correspondent à une phrase de séchage. D’ailleurs lorsque j’ai repris le volant, j’ai eu la surprise de voir trouble à travers ma vitre. Sur le coup, je me demandais si c’était un état définitif. J’ai pu vérifier le soir même que ce n’était pas le cas puisque l’effet commençait à s’estomper (le solvant s’évaporait). À l’heure actuelle plus aucune trace de quoique ce soit, je vois à travers aussi bien qu’avant.
Mais qu’en est-il de l’efficacité de ces films ? Je ne pensais pas m’en rendre compte si vite… J’ai dû transporter un paquet en plein midi le lendemain. J’avais mis ce paquet à l’arrière de la voiture, dont les vitres possèdent une teinte plus foncée. Première remarque lors de l’ouverture de la porte : les sièges et l’atmosphère sont relativement frais. Je fais mon trajet tranquillement. À l’arrivée, le paquet n’avait pas chauffé alors qu’il avait été exposé au soleil. Je pense que j’ai réalisé un bon investissement ! Je vous en donnerai des nouvelles cet été.

Par ailleurs, autre petite info sur ma tuture ! Lorsque je l’avais achetée, j’avais un peu tiqué sur le prix : 16000$, c’est quand même un investissement (en espérant récupérer quelques deniers dans trois ans) même si le prix est relativement justifié par le fait qu’elle soit récente (un an) et que le kilométrage est assez faible (36000 miles). En me rendant à ma banque, j’ai pu comparer le prix de ma voiture aux prix d’autres voitures à l’aide du catalogue provenant de l’entreprise dans laquelle je l’avais achetée : je pense au final que j’ai fait une assez bonne affaire. Des voitures de cet âge avec ce kilométrage se trouvaient plutôt aux alentours des 20000$ (hors taxes je pense, ce qui fait vite grimper le prix vers les 22000). Du coup, ça m’a mis un peu de baume au cœur !

Quand les coïncidences vous poursuivent ou comment faire de la numérologie à 2 cents !

Tiens, si on s’accordait un petit moment de détente. Faisons ressortir certaines coïncidences troublantes, histoire de rigoler un peu.

  • 19 mars 2012 : le jour de mon départ était aussi le jour du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (c’est une date assez importante pour toute une branche de ma famille)

  • Mon logement : j’habite la rue Huebner Oaks. Or Oaks en anglais signifie chêne mais aussi bois de chênes. Près de la maison familiale se trouve un bois de chênes (nommé Bois des Chênes, oui, c’est assez original) qui a failli disparaître… Bon en même temps, je dois dire qu’ici, le terme oaks est plus que répandu (je n’ai jamais vu autant de chênes de ma vie) mais tout de même, c’est assez remarquable je trouve

  • Mon téléphone professionnel : au labo, j’ai eu un numéro de téléphone dont l’extension était 394. Il ne fonctionnait pas et j’ai dû changer de ligne. Ma nouvelle extension : 277. La somme des chiffres de chaque extension est identique. Troublant n’est-ce pas ? En plus cette somme est égale à 14, or 1+4=5 (je sais, j’ai toujours été doué en maths) ce qui correspond au mois de ma naissance

  • Mon numéro de sécurité sociale américain : il comporte trois séries de chiffres. La somme de deux de ces séries est 15, le jour de mon anniversaire

Voilà pour les quelques coïncidences assez troublantes du moment. Si jamais j’en ai d’autres, je n’hésiterais pas à les partager.

Sur ces bonnes paroles, je vais vous souhaiter une bonne semaine et vous dire à bientôt (à dans deux semaines à moins qu’il y ait vraiment des événements intéressants à vous raconter) !

À la découverte du steack texan et petit bilan du mois !

Voici l’heure du quatrième article, ce qui signifie que le premier mois à San Antonio se termine. Un premier petit bilan s’impose donc ! Quels ont été les bons et les mauvais côtés de ce premier mois texan ? Que reste-t-il à découvrir et quelles sont mes espérances pour les prochaines semaines ?

Mais avant d’aborder tout ceci, je vais tout de même vous raconter ma péripétie de la semaine qui, je tiens à vous l’annoncer, était tout de même plus calme que celle de la semaine dernière.

Et pour finir il y aura une petite surprise à la fin (rien de transcendant toutefois).

Bienvenue dans l’univers du steakhouse !
L’un des emblèmes du Texas, avec le chapeau de cowboy et la cravate texane, est assurément le steakhouse. Comme son nom l’indique, il s’agit de la maison du steak et plus généralement de la viande de bœuf. Pour illustrer ce propos, on pourrait comparer ce genre d’établissement à nos Courtepailles. Je ne sais pas jusqu’à quel point la comparaison est valable pour le moment mais il s’agit de l’impression qui m’a été donné lors de ma première expérience steakhousienne.
En effet, ce samedi, j’ai été convié à une petite sortie entre collègue dans un des steakhouses huppés de la ville (eh oui, qui l’eût cru qu’un Courtepaille puisse être huppé…). Matt (l’australien de la dernière fois) et Ian sont venus me chercher, direction le Nord de San Antonio. Pour l’occasion, je m’étais habillé assez neutre tout comme Matt. Ian de son côté était plus décontracté (pantalon effiloché, comme à son habitude en somme).
Arrivés avec dix minutes d’avance, nous nous sommes dirigés vers le restaurant. Effectivement, il s’agissait d’un restaurant plutôt huppé : maître d’hôtel en habit de cérémonie, serveurs tirés à quatre épingles. Du coup, la tenue d’Ian détonnait un peu mais ça n’avait l’air de ne choquer personne. En même temps, il semblerait qu’aux États-Unis, on soit un peu moins prompte à juger les gens sur leur apparence. Nous avons été assez vite rejoints par l’organisatrice de la soirée, Joanne (une australienne travaillant à l’Institut). Une petite bière au bar avant d’obtenir notre table (un petit quart d’heure plus tard) et puis les trois convives attendus arrivent (tous des australiens soit dit en passant, comme quoi le Texas doit être aussi un État australien).
Une fois confortablement installés, nous pouvons découvrir la carte. Petite précision pour les non-initiés : les appetizers sont les entrées, les entrées sont les accompagnements des plats (allez savoir pourquoi, personne ne connaît la réponse), et les plats ne semblent pas avoir de réels nom de sections dirons-nous. Parmi les appetizers, on pouvait choisir entre autres Escargots (sic) et French Onion Soup. Je me suis laissé tenter par le second. Ensuite, pour le plat, les choix n’étaient pas vraiment au rendez-vous : je m’attendais vraiment à un choix de viandes divers et varié. Eh bien, Filet-mignon (sic, qui n’est autre que du filet de bœuf), ou prime qui semble être du steak de premier choix. Vous pouvez l’avoir simplement grillé ou plus élaboré. Pour ma part, j’avais pris un filet de bœuf avec sauce tomate à l’ail et maïs. Nous avons également décidé de prendre l’ensemble des entrées (sachant que nous étions 6 et qu’il y avait 6 assortiments) parmi lesquelles des Lyonnaise potatoes (qui sont en réalités des pommes de terre Bonne Femme (merci Winka)) et du Au gratin potatoes (sorte de gratin dauphinois avec une sauce au poivre remplaçant la crème fraîche). Vient ainsi l’heure de la commande et avec la bonne surprise de la soirée : le choix de la cuisson lors de la viande. Il est de notoriété que les américains aiment leur viande plutôt bien cuite. Le fait de pouvoir demander sa viande rare (blue en Angleterre et bleue chez nous) ou medium fut un soulagement surtout pour moi qui ne l’aime pas trop cuite.
Après un délai raisonnable, Les plats arrivent. Ma soupe à l’oignon française made in Texas n’était pas mauvaise. Oubliez bien évidemment le concept de fromage râpé et dites bonjour à la toastinette. Dans l’ensemble, cette soupe était très bonne (les croutons ont été remplacés par de la mie de pain) et le fromage, bien que non râpé, n’était pas mauvais (armez-vous tout de même d’un couteau pour le couper). Le filet était lui plus décevant. Il était accompagné de sa sauce et de bacon et au final les arômes n’étaient pas vraiment bien dosés (tous les goûts étaient prononcés). Du coup, ce n’était pas vraiment une réussite et je commençai à regretter de ne pas avoir pris une pièce uniquement grillée. Quant aux entrées, elles n’étaient pas mauvaises rattrapant un peu le plat. En tout cas, je peux vous dire qu’à la fin du plat, le repas était terminé : tout le monde avait bien mangé (les portions avaient été conséquentes comme toujours) et même si les desserts étaient attrayants, il n’en fut rien.
Puis vint le moment de l’addition… Le restaurant n’était pas huppé pour rien et l’excès de sel dans la facture m’a bien donné soif (au bon moment pour finir le vin rouge australien qui avait accompagné tout ce repas). Cinquante dollars pour une entrée, un plat et un accompagnement, ce premier steakhouse a été certes une bonne introduction mais à un prix plutôt élevé. Mais, bien que le choix de mon plat ne m’a pas vraiment satisfait, il faut tout de même avouer que le service a été très bien et que le cadre agréable. En somme une soirée plus calme que celle de la semaine dernière et très appréciable.
Le retour fut aussi rapide que l’allée. Au cours de notre discussion, j’ai appris qu’un circuit de F1 était en construction à Austin et que Matt et Ian avaient l’intention de voir la course de F1 qui s’y tiendra en novembre prochain. Ils m’ont évidemment proposé de venir et je dois bien avouer que je ne manquerai pas une occasion de voir une course de F1 en direct. Donc rendez-vous en novembre pour suivre cette aventure de plus près.

Petit bilan : les bons côtés…
Comme je l’avais annoncé, voici un petit bilan de ce mois passé. Étant de nature à voir le verre à moitié plein, commençons par les bonnes choses.

  • l’alimentation : l’une de mes grandes peurs en arrivant ici était de savoir quel type de produit je pouvais trouver. Heureusement pour moi, les produits sont équivalents à ceux que l’on trouve en Europe (j’ai même de l’aubergine et du chou-fleur finalement). Donc très bon point, je peux manger ce dont j’ai envie !!

  • l’intégration : elle s’est mieux passée que je l’aurais espéré. Ceci en très grande partie grâce à Ian qui m’a présenté aux diverses personnes du labo et qui m’a donné les bonnes informations au bon moment ! Franchement, merci à lui !

  • le temps : toujours beau (ou presque), ce qui fait toujours du bien au moral, surtout dans les moments difficiles.

  • les démarches administratives : je pensais que cela aurait été plus compliqué mais finalement elles se sont bien déroulées et plutôt rapidement.

  • Les services : la qualité de service est tout de même bien différente de ce que l’on peut trouver en France et je dois bien avouer que c’est très agréable (on prend de vos nouvelles, on vous choie). Franchement, une expérience à vivre.

… et les mauvais
Tout bon côté est toujours accompagné de sa face sombre… Pour ma part, ils sont assez peu nombreux mais plutôt prégnants…

  • la solitude : je me doutais bien qu’en partant à 10 000 Km de mon pays d’origine, ce ne serait pas facile tous les jours. Lorsque j’avais déménagé en France, j’avais toujours un petit coup de déprime à un moment donné mais ça ne durait jamais bien longtemps. Cette fois-ci, les moments de déprime sont beaucoup plus présents et intenses. Le pic a été la fin de la troisième semaine au cours de laquelle c’était particulièrement difficile. Ce moment correspondait à celui de la fin des démarches administratives et à l’installation d’une certaine routine… Depuis, ça va mieux mais il y a toujours des petites baisses de moral. Même si Internet est tout de même un outil très efficace pour rapprocher les gens éloignés (au moins de façon transitoire), lorsqu’on n’a plus de contact avec la personne que l’on voudrait, ça met un coup au moral. Je pense également que la diminution des contacts sociaux est un facteur aggravant. Être dans un pays étranger et ne pas parler autant qu’en France doit sûrement me jouer quelques vilains tours (finalement être expansif a parfois ses mauvais côtés).

  • les vacances : c’est la mauvaise nouvelle de la semaine (même si elle demande confirmation) : je n’aurai que deux semaines de vacances dans l’année… Je dois bien avouer que c’est quelque chose qui me fait franchement regretter la France… Au début, je pensais que j’avais quatre semaines ce qui me semblait tout à fait respectable. Mais j’avais commis une erreur de calcul : les 6,5 heures de congés que l’on m’avait signifié ne sont pas données à chaque paye (qui se fait toutes les deux semaines, encore une particularité des États-Unis) mais chaque mois… Ce qui divise par deux le nombre de jours espérés… Du coup, pour rentrer en France, ça va être compliqué et les vacances de Noël se passeront au Texas, c’est une quasi-certitude. Voilà qui ne remonte pas vraiment le moral.

  • le téléphone : déjà que je n’aimais pas le téléphone en France, ici je suis servi. C’est l’un des outils de communication préféré des américains… Et je peux vous dire que parler en anglais au téléphone quand on a déjà du mal sans, ce n’est franchement pas une partie de rigolade ! Mais je n’ai pas vraiment le choix…

… ce qu’il me reste à faire !
Bien évidemment, je ne suis qu’au début de mon aventure ! Il me reste encore plein de chose à faire et beaucoup à découvrir :

  • la langue : il faut impérativement que j’améliore mon anglais (cela va de soi me direz-vous). Mais vu la frustration que cela procure de ne pas pouvoir communiquer ses idées, ça en devient presque un besoin. L’objectif prochain est de maîtriser les verbes come et get qui peuvent vous servir en tout occasion a priori.

  • la région : je dois bien avouer que je n’ai pas encore vraiment visité. J’ai quelque peu vu le centre-ville mais ça reste assez limité. Je vais donc devoir approfondir le sujet, ce qui me mettra sans doute aussi du baume au cœur!

La petite surprise du moment
Normalement, j’avais un indice à vous donner, il s’agissait de l’heure de la publication de cet article… Mais n’ayant pas pu le publier hier, ça n’a plus beaucoup d’intérêt. Il faudra donc me croire sur parole : j’ai enfin eu ma connexion Internet !! Je dois bien avouer que ça soulage grandement de savoir que l’on peut communiquer avec le reste du mon à partir de chez soi !! Et ça facilite la vie lorsqu’on doit contacter la personne qui nous manque le plus !!… Je vous avais dit que ce n’était rien de merveilleux mais je peux vous dire que pour moi c’est plus que merveilleux !!

Pour terminer ce nouvel article et faire un écho au précédent : rassurez-vous, j’ai pu faire ma lessive et j’ai maintenant des vêtements tout propres !! (C’était une information capitale que je me devais de vous communiquer !)

Voilà, c’est déjà terminé pour cette fois-ci ! En espérant que la semaine prochaine j’ai autant de chose à vous raconter…

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine ou un bon début/fin de vacances pour ceux qui ont la chance d’en avoir (il y a des veinards quand même…) !

Une troisième semaine aux multiples facettes…

Voilà déjà la troisième semaine d’écoulée ! On peut dire que le temps ne le prends pas pour filer… Mais finalement, ce n’est pas plus mal puisque ça sera toujours autant de temps de moins à attendre la venue de Winka 😉 (je ne vais pas m’en plaindre) !

De quoi vais-je bien pouvoir vous parler ? Eh bien, continuons sur notre bonne lancée, encore quelques tranches de ma vie sur le sol de Davy Crockett !

Bientôt la sortie du tunnel !
Tout d’abord quelques nouvelles sur mes formalités administratives ! Ce sont des choses qui prennent du temps, c’est certain, et qui ne sont pas des plus agréables. Après les papiers signés au travail, le SSN (obtenu bien rapidement finalement), l’ouverture de mon compte en banque (rapide également), j’ai dû ouvrir un compte chez le fournisseur d’électricité du coin (du doux nom de CPS), souscrire à un abonnement Internet pour être relié au reste du monde (AT&T, mon nouvel ami), acheter une voiture (Toyota Yaris ’11 à $16500 à crédit sur 3 ans, je sais, j’ai fait une petite folie) et l’assurance qui va avec ($1600 à l’année mais ça devrait baisser), payer mon loyer ($784)… Il faut dire que tout ceci m’a coûté pas mal d’argent comme vous pouvez vous en rendre compte et j’ai l’impression de faire chauffer ma carte bancaire (ou mon chéquier) constamment… Vivement que cela se calme un peu.
Normalement, il ne me reste plus grand chose à faire si ce n’est les papiers pour mon accès à l’hôpital (juste pour travailler sur mes parasites, ne vous inquiétez pas !) et passer mon permis de conduire. En espérant que tout ceci se fasse assez rapidement…

En attendant, buvons un coup…
Quoi de mieux que quelques verres de bière pour faire passer la coûteuse pilule. Il faut savoir, pour ceux qui n’étaient pas à Poitiers, que durant ma thèse, j’ai fréquenté assez régulièrement un bar nommé « Palais de la Bière ». Ce bar, comme son nom l’indique, est spécialisé dans la bière avec un choix assez conséquent. Eh bien, la vie est ainsi faite qu’en face de la résidence se trouve un bar nommé « Flying Saucer » (Soucoupe volante) dans lequel, comme son nom ne l’indique pas (je me demande encore quelle est la relation entre ce nom et ce qu’ils y servent…), on trouve là aussi un large choix de bières dont beaucoup de bières européennes (belges, allemandes, irlandaises, françaises,…). Comme quoi, le monde est vraiment petit (la mondialisation a quand même ses bons côtés). Vous pouvez accompagner votre bière par un plat, tout comme au Palais de la Bière. Cependant, même si je n’en ai goûté qu’un, ça n’a pas été la panacée… Ils étaient bien meilleurs à Poitiers. Enfin, les bières, elles, sont toujours les mêmes ce qui est le principal.
Ce bar, Ian et ses comparses me l’on fait découvrir le vendredi de la deuxième semaine de mon séjour. Nous avons rempli à nouveau nos verres ce vendredi. Mais cette fois-ci, cela a été un peu plus rude… Nous étions cinq gars (un Anglais, deux Australiens (dont un gars qui travaille au labo), un Indien et un Français) et les « locaux » semblaient vouloir continuer encore un peu. Au départ, j’avais prévu de faire ma lessive. Vous me direz, une lessive peut toujours attendre mais il s’agissait de ma première lessive… Eh oui, 3 semaines que je tiens avec mes deux seules valises emmenées de France ! J’ai de l’endurance… Enfin bref, il s’agissait du week-end et ma lessive pouvait bien attendre samedi (je n’étais plus à un jour près). Ainsi, je suis parti en exploration en leur compagnie. Comme nous avions déjà tous bu quelque peu, décision fut prise de prendre un taxi. Le taxi driver a bien agrémenté notre (relativement court) trajet : il a discuté avec l’Anglais de l’Angleterre, avec les Australiens de l’Australie, avec l’Indien de l’Inde (avec quelques mots d’hindi). Il n’y a que moi qui n’ai pas eu droit à ma petite anecdote car nous étions déjà arrivé. Mais ce petit tour était bien sympathique.
Ainsi, après le « Flying Saucer », direction un bar nommé le « Twin Peaks » (les Monts Jumeaux). Le nom est assez évocateur lorsque l’on sait qu’à l’intérieur, les serveuses ont des oreilles de lapin sur la tête, un décolté plutôt plongeant et un mini-short pourvu d’un pompon figurant une queue de lapin. C’est ainsi que j’ai bu une énième bière (cela faisait ma cinquième de la soirée). C’était une expérience originale. Une heure plus tard, on sort à nouveau direction un troisième bar. On appelle notre taxi favori pour notre nouvelle petite virée. Nous voici arrivés au « Bikini Bar ». Là encore, le nom est assez clair : les serveuses sont en bikini. Une autre bière accompagnée cette fois-ci d’un shooter de Tequila. À signaler qu’il ne s’agissait pas d’un petit shooter que l’on peut trouver en France mais d’un verre de table à moitié rempli… Dégustation à la mexicaine : un peu de sel, la Tequila cul-sec, un quartier de citron pour faire passer le goût. Il faut dire que ça passe plutôt bien ainsi, même si le goût de la Tequila reste quelque chose de bien particulier. Minuit, le bar ferme. La soirée aurait pu se terminer ainsi mais finalement nos Australiens sont partis pour un autre tour. Direction cette fois-ci un bar de type pub (même s’il était plus américain qu’anglais). Je n’ai jamais su le nom de ce bar… De nouveau une bière et un shooter de Tequila. Et ce fut là mes derniers verres. Il faut dire que nous étions tous bien imbibés mais, pour ma part, je savais que j’avais atteint ma limite. Les autres ont continué (un autre shooter de Tequila, des bières, du Whisky). Je les ai regardé et nous nous sommes bien marrés. Nous avons terminé sur les coups de 2h30 du matin. Nous appelons un autre taxi pour rentrer. Étant l’un des plus « sobres » de la bande, je restai à l’affût histoire ne pas le rater sachant que nous nous étions un peu éloigné du bar (je dois dire que j’ai développé un certain talent à gérer les gens après une petite beuverie). J’avais bien fait car il s’est arrêté sur le parking du bar. Du coup, j’ai un peu couru pour aller à sa rencontre avant qu’il ne reparte. Ils nous a pris, direction la résidence. Sur le chemin, nous avons un peu discuté… en français. Il m’a ainsi raconté qu’il avait fait les vendanges à Bordeaux dans les années 80 et je dois bien avouer qu’il avait encore un français impeccable… Ces taxi drivers m’étonneront toujours. Déjà, en 2010 lorsque j’étais allé en Californie avec des membres de mon ancien laboratoire pour un Congrès, l’un des chauffeurs qui nous avait accompagné connaissait Poitiers… Cela fait toujours étrange de rencontrer autant de personnes (américaines) qui connaissent la France ou parlent français. Enfin, c’était la petite anecdote du retour (cette fois-ci me concernant). Une fois à la maison, direction le lit. La nuit n’a pas été trop mauvaise alors que je n’étais pas vraiment clair. La Tequila n’a pas eu d’effet désastreux (ce que je redoutais). Le lendemain, la remise en forme n’a pas duré trop longtemps. En tout cas, avec cette aventure, on peut dire que j’ai réussi mon intégration aux Texas ! Mais je ne suis pas certain de recommencer cela toutes les semaines pour autant…

… sous le soleil texan !
Boire un verre (ou des verres dans mon cas…), c’est bien ! Le faire au soleil, c’est mieux ! Parlons un peu du temps qu’il fait ici. Je dois bien dire que le climat change radicalement de celui de Poitiers : imaginez une temps incertain tous les jours avec de la pluie de temps à autre, des giboulées de mars bien comme il faut et du ciel gris accompagné de son crachin automnal, hivernal, printanier ou estival, au choix du pictavien. Eh bien ici, rien de toute cela ! Oubliez temps grisâtre et déprimant, bonjour soleil et chaleur estivale ! C’est certain que le climat a un côté revigorant qui n’est pas détestable (surtout quand on a un petit coup de blues). Quand je suis arrivé ici, il faisait déjà 27°C de moyenne. Depuis le mois d’avril, on est plutôt à 30°C. Le temps me rappelle celui de Perpignan… en été… Oui, nous ne sommes qu’au printemps mais ici c’est déjà l’été. Je vous laisse donc devinez les températures qu’il fera dans trois mois… Nous en reparlerons sans doute mais, pour le moment, je profite. Et c’est assez agréable. Bien qu’il y ait une certaine humidité ambiante, les températures qui frisent les 30°C sont plus supportables ici qu’elles ne l’étaient à Perpignan. Cette humidité est surtout visible le matin : parfois, le trajet est accompagné de brume qui terni un peu ce tableau ensoleillé. Mais les épisodes semblent assez rares et toujours temporaire. La pluie également : mise à part mon arrivée diluvienne, il n’y a eu que quelques épisodes pluvieux principalement la nuit, sans doute lorsque l’humidité se condense sous la chute des températures. Donc comme vous pouvez le lire, le climat est plutôt agréable pour le moment et les terrasses et balcons sont les « places to be ». J’y reviendrai sans doute dans quelques temps pour vous racontez comment les choses évoluent !

Voici donc pour les dernières nouvelles, un peu plus courtes que les précédentes mais j’avais un peu moins de temps cette semaine. La prochaine fois, j’essayerai de me rattraper ! En tout cas, j’espère que cela vous plaît toujours autant (en même temps, si vous continuez à lire, c’est que ce ne doit pas être si mal (oui, un peu d’auto-congratulation, ça fait toujours du bien)).

Il ne me reste plus qu’à vous souhaitez une bonne semaine remplie de bonnes choses. Pour ma part, je vous dis à la semaine prochaine !

Sous le brillant soleil du Texas, les affaires continuent !!

Eh bien, nous voici déjà là pour un deuxième round !! On peut dire que le temps passe vite !

Cette fois-ci les dernières péripéties et un petit échantillon de ma vie quotidienne et de la petite routine qui commence à s’installer. Et puis également quelques bonnes nouvelles !!

Le pourquoi de ma présence sur la terre texane : mon nouveau job !
Comme promis, je vais vous raconter ce qui m’amène dans cette belle contrée qu’est le Texas ! Comme beaucoup d’entre vous le savent, je suis docteur en biologie depuis le mois de juin dernier (grand moment !). Mon grand dada depuis mes débuts dans la Recherche (depuis mon Master en somme), c’est d’étudier les interactions entre organismes et plus particulièrement les relations symbiotiques, c’est-à-dire entre un organisme hôte (le plus gros) et un symbiote (le plus petit). Généralement on classe les relations symbiotiques en trois grandes catégories : les relations parasitaires (le symbiote vit au détriment de l’hôte), les relations commensales (chacun vit sa petite vie sans embêter son partenaire) et les relations mutualistes (relation à bénéfice réciproque pour les deux partenaires). Pour ma part et pour faire simple, j’ai principalement étudié des relations parasitaires pour comprendre soit comment l’hôte se défendait face au parasite, soit pour comprendre quel facteur le parasite utilise pour réussir son parasitisme, soit pour comprendre l’impact du symbiote sur les capacités de défense de son hôte. À chaque fois, ces études n’avaient pas d’application immédiate ni en agronomie, ni en santé humaine (eh oui, c’est ça la recherche fondamentale !).
Cette fois-ci mon sujet est un peu différent : il s’agit d’étudier un parasite humain. Il s’agit d’un parasite qui est responsable d’une maladie très répandue dans les zones intertropicales : la bilharziose ou la schistosomiase (deuxième parasitose après la malaria). Cette maladie est causée par un petit vers, le schistosome (ou de son petit nom Schistosoma mansoni). Ce vers est présent chez l’homme dans le système porte mésentérique (entre l’intestin et le foie). Il faut un couple de mâle et femelle pour qu’ils puissent assurer leur reproduction. Lorsque la femelle est fécondée, elle descend toute seule au niveau de l’intestin et pond ses œufs. Une fois les œufs émis, ils traversent la paroi intestinale et se retrouvent dans les selles. Quand la personne infectée va faire ses besoins naturels, généralement au niveau d’un point d’eau, l’œuf se retrouve dans l’eau. De l’œuf émerge un petit miracidium (premier stade larvaire du parasite) qui va se mettre immédiatement à chercher un escargot pour le parasiter. Il ne cherche pas n’importe quel escargot mais une espèce du genre Biomphalaria (car il ne peut se développer que dans une espèce précise, pour des histoires de compatibilité et surtout éviter de se faire éliminer par l’escargot qui ne lui convient pas). Une fois installé dans l’escargot, il va se multiplier de façon asexuée (clonale) pour donner naissance à des milliers de cercaires (deuxième stade larvaire). Du fait de cette reproduction asexuée, l’escargot constitue un hôte intermédiaire. Il y a une raison à cette multiplication intense : il faut savoir que statistiquement la rencontre entre un parasite et son hôte est aléatoire et relativement faible, donc si vous augmentez le nombre de parasite dans le milieu (chacun des parasites issus d’un miracidium est identique à quelques petites recombinaisons près) et bien vous augmentez vos chances de rencontrer votre hôte favori. Ainsi chaque petite cercaire va se mettre à chercher un nouvel hôte humain (hôte définitif car aura lieu en son sein une reproduction sexuée). Une fois trouvé, il fracture la peau au niveau d’un bulbe pileux, reste quelque temps au niveau de la peau puis circule dans le système sanguin jusqu’à se retrouver dans le système mésentérique pour rencontrer un partenaire et recommencer le cycle. Voici grosso-modola vie de ce petit parasite. Vous me direz, certes avoir des vers dans ses veines, ce n’est pas tip-top mais s’ils ne font que pondre des œufs qui se retrouvent dans l’intestin, vous êtes bon pour des problèmes intestinaux mais sans vraiment plus de risques. Eh bien malheureusement, lorsque la femelle pond ses œufs, parfois ceux-ci ne font pas au bon endroit et se retrouvent dans le système circulatoire. Or, le système porte mésentérique présente la particularité, comme tous les systèmes portes, de transporter le sang entre deux organes sans repasser par le cœur (une petite notion d’anatomie : le sang artériel (riche en oxygène) est envoyé aux organes par le cœur et le sang veineux (pauvre en oxygène) quitte les organes, pompé par le cœur). Mais dans notre cas, le sens quitte l’intestin pour aller directement au foie (tout simplement pour apporter les nutriments et éventuellement les toxines au foie pour traitement). Donc, chez nos patients malades, ces œufs peuvent se retrouver dans la circulation et donc aller directement dans le foie. Un peu ça va, trop bonjour les dégâts ! En effet, une fois dans le foie, les œufs sont enkystés et des fibroses se forment induisant une inflammation du foie, conduisant à la mort des cellules hépatiques et à l’arrêt de la fonction hépatique (ce qui est fatal). Cette maladie touche surtout les enfants et les femmes qui ont beaucoup d’activité autour de l’eau. Les enfants porteurs deviennent des adultes diminués ce qui entraîne de lourdes conséquences au niveau socio-économique. Voilà pour le tableau (pas vraiment idyllique…). Il n’existe pas (et n’existera sans doute jamais) de vaccin, seulement des médicaments pour se débarrasser du parasite. Cependant, des résistances à ses médicaments ont émergé chez le parasite et beaucoup d’entre eux sont de moins en moins efficaces.
Pour ma part, je vais me focaliser non pas sur le parasite au stade adulte dans son hôte définitif (beaucoup de chose ont été et le sont encore) mais sur la spécificité d’interaction entre le miracidium (premier stade larvaire) et l’escargot. Plus précisément comment le miracidium reconnaît le bon escargot (spécificité de reconnaissance) et comment il ne se fait pas éliminer par l’escargot (spécificité de compatibilité). Parce que si vous comprenez cette spécificité d’interaction, vous pouvez imaginer soit jouer sur le miracidium soit sur l’escargot pour que le parasite se trompe de cible ou n’arrive plus à se développer dans l’escargot. Ainsi vous interrompez le cycle et dans l’absolu vous n’avez plus de parasite dans la nature (bon, ça ne fonctionnera jamais parfaitement mais au moins on peut diminuer la quantité de parasites). Mon étude va surtout s’attacher à identifier les gènes impliqués dans ces deux types de spécificité afin de mieux appréhender l’interaction.
En gros voilà pour ce qui est de mon futur travail. Beaucoup de boulot en perspective.

La conduite.
Passons maintenant à un sujet un peu plus léger : la conduite aux États-Unis. Vous pouvez être sûr d’une chose : si à San Antonio vous n’avez pas de voiture, vous ne pouvez aller nulle part !! Quasiment aucun transport public (quelques bus mais vu la taille de la ville, autant dire que ce n’est vraiment rien…), pas de métro, pas de RER. La voiture sinon rien. Pour ma part, je suis un petit chanceux car l’Institut dans lequel je travaille propose des voitures à la location (il n’y a pas de petits revenus). Par conséquent, mon superviseur m’en avait réservé une pour que je puisse me déplacer et ce dès le premier jour. Ainsi dès la fin de ma première matinée, j’ai pris la route en direction du cabinet médical du coin pour quelques examens (vous vous en souvenez). Bien évidemment, aux États-Unis, les boîtes de vitesses sont quasiment toutes automatiques. Même si la prise en main est assez rapide, il y a quelques réflexes qui font mal (littéralement)… Que faire de son pied gauche lorsqu’il n’y pas plus de pédale d’embrayage ? Je vous le donne en mille : on appuie sur la première pédale qui vient sous le pied à savoir le frein… Ma première marche arrière fut de toute beauté, je peux vous l’assurer ! Dans la conduite, le mot réflexe n’est pas superflu (nous sommes quelque part tous un peu des chiens de Pavlov). Vous pouvez avoir une conscience aiguë de votre environnement, après douze ans de conduite, la première chose que vous ferez en démarrant votre voiture est d’appuyer encore sur la pédale de frein… Il m’a fallu une semaine pour me contrôler. Deuxième obstacle : le frein à main ! En fait, il n’y en a pas… Le frein parking est une pédale située complètement sur la gauche. Vous l’enfoncez, le frein est enclenché. Pour libérer la voiture, il faut tirer une petite manette (style manette d’ouverture de capot). Et si vous n’y pensez pas, il n’y a qu’un malheureux voyant sur le tableau de bord pour vous le rappeler. Mais le voyant ne parle pas et lorsqu’on est un peu déphasé par un décalage horaire de 7 heures, rien ne vous empêche de faire quelques mètres sans desserrer le frein. Au final, vous sentez tout de même une gêne qui vous rappelle à l’ordre (qui a dit que je parle d’expérience…). Mais, mis à part ces deux petites particularités, on profite assez du confort que cela procure.
Me voilà ainsi parti sur les routes américaines. Le confort de votre boîte automatique devient vite un allier surtout quand on est confronté à un nouvel environnement comme les routes américaines et particulièrement les fameuses autoroutes : une autoroute à 2 x 5 voies sur laquelle on peut se faire doubler par la droite, ce n’est pas forcément dans nos habitudes… Du coup, le double d’attention est nécessaire (rétroviseurs bien réglés et radio éteinte). Mais une fois l’habitude prise, les choses sont assez simples : on se met sur sa voie et l’on en change que si l’on doit changer de direction. Parce qu’ici, les voies ne sont pas faites pour doubler mais pour s’orienter. Si vous avez saisi ce concept, vous ne craignez plus rien (ou presque). Ainsi le fait de doubler par la droite prend tout son sens et est même essentiel : de par la structure des autoroutes (embranchements et séparations d’autoroutes) et le nombre de sorties (en gros une tous les trois kilomètres), il est impensable de se comporter comme sur une autoroute française ! Si c’était le cas, la voie de droite serait complètement bouchée à chaque sortie et les voies de gauches ne seraient jamais occupées… Bien évidemment, le dépassement par la droite implique que vous n’avez pas intérêt à oublier vos angles morts et si vous vous réveillez avec un torticolis, bon courage…
Par ailleurs, il faut bien avouer que les gens conduisent dans l’ensemble assez moyennement. Les distances de sécurité : oubliez le concept. Vous entrez sur l’autoroute, regardez bien votre angle mort (me suis fait deux trois frayeurs qui m’ont bien remis en place). Vous ne souhaitez pas avoir de problèmes avec votre pare-choc, investissez dans un pare-buffle ! Pour ma part, ma voiture a le pare-choc côté avant droit enfoncé. Je vous rassure, le dommage était là avant que je ne la prenne. Pour résumer, ne faites confiance qu’à vous même et préparez-vous à appeler votre assurance à tout moment (j’ai vu un bel accrochage avec pare-choc au sol il y a quelques jours). Regardez aussi les messages d’informations sur les autoroutes qui vous informent sur quelle portion il y a eu un bel accident…
Quoi qu’il en soit, au bout de mes deux semaines de conduite, je n’ai eu aucun problème à déplorer si ce n’est quelques sorties manquées (il faut dire que se repérer est assez difficile : tout se ressemble…). D’ailleurs, le premier jour, pour rentrer chez moi, j’avais pris la mauvaise autoroute qui m’a conduit à la limite Est de San Antonio (alors que je devais aller au Nord). Enfin, ça ne m’a pas coûté grand-chose si ce n’est du temps et de l’essence… Lors de mon premier jour, j’avais lu dans un article du Times qui traînait dans la salle d’attente du fameux cabinet médical que les Américains se plaignaient du prix du gallon qui commence à attendre les $4 (soit un peu plus de $1 le litre). Ça m’avait doucement fait rigoler car en France, le prix du litre est le double. Maintenant, je rigole beaucoup moins… Tu m’étonnes que les États-Unis ne voulaient pas signer les accords de Kyoto en 1997… En deux jours, j’ai consommé le 1/4 du réservoir… Un plein me coûte $60. À raison d’un plein par semaine (même si je soupçonne que la voiture est un véritable veau), la facture pourrait s’élever à $240 par mois (soit plus élevé que ce que je consommais à Poitiers). Ici, les distances n’ont rien avoir avec les standards que l’on connaît en Europe. Un exemple : l’Institut est à 20 km de chez moi. Je mets entre un quart d’heure et vingt minutes selon le trafic (à raison d’une moyenne de 65 mph soit 105 km/h). Faire ceci en ville un matin en France, ce n’est même pas la peine d’y penser… Ici, ça ne pose pas de problèmes. D’ailleurs, je pense que c’est l’une des clés du succès et de la taille des villes américaines. Même s’il y a des bouchons pendulaires comme partout (les fameux rush hours), ça roule tout de même assez bien. Par ailleurs, je comprends maintenant pourquoi les États-Unis ont gardé le système de mesure impériale : c’est sans doute pour éviter de s’effrayer (même s’il doit y avoir des raisons plus profondes). Enfin bref, conduire à San Antonio (et aux États-Unis) est franchement une expérience à vivre !! En espérant que ces trois prochaines années soient sans encombre.
Et pour la petite anecdote, sachez que les simulations de conduites telles que GTA ou Driver (jeux vidéos pour les non-initiés) sont très fidèles autant dans le style de conduite (assez lent en ville) que dans l’environnement (vous croisez toujours les mêmes modèles de voitures). Ça m’a bien fait sourire sur le coup. Donc si vous voulez tester la conduite aux États-Unis, conduisez une voiture dans un de ces jeux 😉 !

L’alimentation.
Ah l’alimentation et les États-Unis. Vaste sujet que l’on connaît surtout par les médias ! Je dois bien avouer que ce fut une de mes craintes lorsque je suis arrivé ici : quel produit allais-je trouver ? Eh bien, ma première véritable visite dans un magasin d’alimentation a été surprenante ! Je ne vais pas retenir ce suspense haletant plus longtemps : on trouve quasiment les mêmes produits qu’en France à quelques exceptions près !! Le rayon légume est plus que fourni : salades, tomates, avocats (ça, c’était certain), choux de chine, artichauts (si si !), brocolis, céleris, carottes, courges, épinards, champignons (de Paris et autres), et j’en passe. Côté viande, pas trop de surprises : belles pièces de bœuf, poulet, saucisses, jambon (cuit, le cru (serrano) coûte une petite fortune). Il y a du fromage et pas qu’un peu : Brie, fromages de chèvre, fromages à pâte pressée !! La seule chose que je n’ai pas trouvée est le gruyère râpé (mais ils ont de la mozzarella râpée qui fera très bien l’affaire). Niveau condiments, il y a aussi tout ce qu’il faut : sel (La Baleine, je n’ai pas pu résister, j’en ai acheté), poivre, cannelle, et autres (mais pas de bouquets garni). Il y a aussi de l’huile d’olive (étant un grand consommateur, c’était une nouvelle plus qu’excellente) et du vinaigre balsamique. Vous pourrez aussi trouver des pâtes, du riz et des conserves (petits pois et haricots French Style (sic)). Bien évidemment, vous avez aussi un rayonnage produits surgelés impressionnant : en fait pas tant les produits pour cuisiner (style poissons et crevettes) que les produits déjà cuisinés. Vous pourrez trouver de tout. Préférant faire moi-même ma tambouille histoire de rester en contact avec ma culture, je ne m’y suis pas attardé. Autre chose également très surprenante : la quantité de produits traduits en français. Je ne pensais pas qu’il y en aurait autant. Je suppose que l’influence de la Louisiane proche n’y est pas étrangère. Donc comme vous le voyez, de vraies bonnes surprises. Et pour clôturer le tout, vendredi soir, j’ai appris que l’on pouvait trouver du pain français dans un magasin particulier (à suivre). Franchement une bonne nouvelle !!
Côté infrastructure, il faut savoir qu’ils ont bel et bien des chaînes types Leclerc et autres mais ils n’ont pas vraiment d’hypermarchés (de ce que j’en ai vu pour le moment). C’est plutôt du style supermarché assez petit. Ce qui n’est pas plus mal, surtout quand vous avez du mal à prendre vos repaires et que vous faites trois fois le tour du magasin !

Voilà pour les quelques moments de vie à San Antonio. Quelques bonnes nouvelles tout de même : un compte en banque d’ouvert, la réception cette semaine de mon numéro de sécurité sociale (enfin j’existe !! Moi qui pensais que ça prendrait deux semaines) et donc bientôt une connexion internet à la maison !!

J’espère que ce petit récit vous aura diverti !! Pour la prochaine fois, ce sera la surprise (de quoi pourrais-je bien vous parler)

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne semaine et vous dis à bientôt !!