Le grand retour d’un petit bonhomme

Ah, enfin quelques instants pour écrire quelques petits mots. Pour ceux qui attendaient des nouvelles depuis le mois de septembre, toutes mes excuses mais je dois bien avouer que ma quantité de travail a augmenté de façon exponentielle depuis la mi-août et que ceci m’a bien surpris (mais ce n’est pas désagréable d’être occupé). Cependant ceci ne m’empêchera pas de faire un petit résumé de ces derniers mois.

Ce qui vous attendra aujourd’hui : chaleur texane, visite souterraine et aquatique et quelques petites autres choses…

Deux, c’est mieux que un !

Comme je vous l’avez annoncé la dernière fois, mon mois d’août ne fut pas solitaire contrairement aux précédents : ma chère et tendre Winka m’a rejoint pour notre plus grand bonheur. La vie à deux, c’est quand même plus sympa. Et ceci d’autant plus que le séjour se passe bien. Il est vrai que j’avais eu une petite appréhension quant au fait que l’environnement plaise à Winka mais, finalement, l’adaptation s’est très bien faite, ce qui augure plutôt de bonne chose pour les mois à venir.

Finalement, son séjour fut partagé entre rédaction de thèse (rédiger une thèse à 10 000 Km de sont labo pendant un mois, ce n’est pas donné à tout le monde), rendez-vous chez son potentiel futur superviseur (enfin, mon boss) et visite des environs. Autrement dit un été plutôt bien rempli.

Concernant la rédaction de thèse, celle-ci fut efficace (et l’est toujours puisque l’envoi du manuscrit au jury est prévu pour la fin du mois). Concernant sa rencontre avec Tim (mon superviseur), celle-ci s’est très bien passée, ce qui est une excellente nouvelle pour nous. Il est indubitablement tombé sous son charme au moins pour ses qualités professionnelles. Au final, après un entretien et une présentation de ses résultats de thèse dans un très bel exposé, tout le monde fut convaincu de ses capacités (enfin, moi je l’étais déjà). Il ne reste maintenant plus qu’à obtenir des sous pour les deux prochaines années. Pour cela, Winka sera amenée à écrire un projet avec l’aide de Tim. Le projet sera soumis début janvier pour une réponse entre mi et fin janvier. Bien évidemment, même si les chances d’obtention de la bourse ne sont pas nulles (les choses se passent plutôt bien pour lui en ce moment), ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué et croisons les doigts.

Et puis bien évidemment, nous avons profité de nos week-end (à défaut des semaines) pour visiter un peu les environs. Ainsi, nous avons eu l’occasion de voir les Natural Bridge Caverns (de vastes grottes souterraines avec d’immenses stalactites et stalagmites, rappelant l’aven d’Orgnac pour ceux qui connaissent). Nous avons également trempé nos petits petons dans le golf du Mexique. Ce fut très agréable : une plage de sable fin (un peu trop) et une eau à 30°C. On sent bien que les tropiques ne sont pas loin. Bien sûr, une incontournable visite de San Antonio et de ses bons coins.

Somme toute, un mois d’août fort agréable qui présage de très bons moments en perspective pour l’an prochain.

Chaud, vous avez dit chaud ?

Comme promis, voici un petit retour sur cet été texan. Comme on pouvait s’y attendre, il ne fut pas froid mais, autant je craignis les hautes températures, autant je fus surpris de bien les supporter. Il faut dire que cet été fut beaucoup moins humide que ce que j’aurais pu penser. Du coup, des constantes à 36-38°C mais avec un temps sec est tout à fait supportable (même si avoir 30°C à 8h du matin, ça reste un peu étrange). Les seuls moments à éviter sont les milieux d’après-midi où les températures sont les plus extrêmes. Donc un enfer plutôt doux ce qui constitue une relative bonne surprise. Mais peut-être que l’an prochain, je ne vous tiendrai pas le même discours…

Six mois : l’heure du bilan !

Eh oui, le 19 septembre, j’ai eu l’occasion de fêter mon sixième mois dans le Nouveau Monde. Donc un petit bilan s’impose. Que s’est-il passé depuis le mois de mars : une installation (réussie), une intégration (réussi), du travail (à ne plus savoir qu’en faire), une nouvelle culture (avec ses bons et mauvais côtés), la rencontre de nouvelles personnes. Somme toute, six mois plus que bien remplis.

La tournure des événements a été par ailleurs satisfaisante. Il est vrai qu’à mon arrivée, j’ai un peu appréhendé les choses : une nouvelle vie dans un pays étranger à parler anglais tous les jours, il y a de quoi se demander si on a les moyens d’y arriver. Mais finalement, le terrain était plutôt bien préparé ce qui m’a permis d’évacuer la plupart des problèmes rapidement (logement, banque, papiers administratifs). Au final, en trois semaines, tout fut réglé et j’ai pu prendre un rythme normal.

Au niveau culturel, pas de grands chocs finalement. L’anglais fut certes une petite barrière au début mais je dois bien avouer que, maintenant, je n’ai plus trop de difficultés, tout du moins dans la compréhension des gens qui parlent à un rythme normal et avec une articulation correcte. Bon à savoir s’ils sont majoritaires, je vous laisse deviner… Mais quoi qu’il en soit, j’ai très vite pris mes repères. Le plus difficile fut finalement de m’habituer à la boîte automatique de ma voiture et au comportement des gens sur la routes. C’est pour vous dire le niveau de mes problèmes…

Côté travail, les choses ont mis un peu de temps à se mettre en place. C’est bien la seule chose à laquelle je ne m’attendais pas vraiment. J’aurais cru démarrer sur les chapeaux de roues. Mais finalement, le retard semble se combler très rapidement et le temps de la détente est bel et bien révolu. Depuis la mi-août, j’enchaîne les projets : réception de mes données de séquençage d’ADN (une bonne quantité de données à traiter à bon coup de bio-informatique), accueil d’un chercheur allemand qui m’a formé à la mesure du comportement de mes petites larves de parasite préférées, mise en place de différentes techniques. Enfin, de quoi occupé mes petites mimines pour les prochains mois sans difficultés…

Ainsi, voilà pour les dernières nouvelles d’un petit français sous le soleil texan encore mordant. Alors qu’en France, il commence à faire mois de 15°C, ici nous avons toujours des après-midi à 25-30°C… Mais rassurez-vous, je ne m’en plaindrai pas 😉 !

J’espère que cette petite mise à jour vous a permis de passer un bon moment (mais sans doute trop bref, je le sais). Je tenterai de reprendre un rythme de publication un peu plus soutenu, à savoir mensuel car je ne pense guère faire mieux (et n’aurais sans doute pas beaucoup de choses à dire).

En vous souhaitant bon courage à tous pour vos activités respectives et en vous disant au mois prochain !

Couvrez-vous bien 😉 !

Une absence, un retour, une surprise !

J’espère ne pas vous avoir trop manqué durant cette longue absence. Il faut bien reconnaître que j’ai pris mon temps, un peu plus que je ne l’avais annoncé… Mais vous verrez pourquoi si vous me lisez jusqu’au bout.

Tout d’abord, quelques nouvelles générales : ici tout va bien (si vous étiez inquiets, vous voilà rassurés, si vous ne l’étiez, vous avez eu raison). De cette longue absence, j’ai quelques histoires à vous raconter. Certaines sont assez cocasses, d’autres un peu moins drôles…

C’est donc reparti pour un tour du côté de San Antonio, au pays des cow-boys, des sombreros et du soleil brûlant.

Quand votre flore intestinale vous dit au revoir…

Commençons bien, commençons fort ! Eh bien oui, comme vous pouvez le lire, le mois précédent fut celui d’une perte : celle de ma flore intestinale… Elle m’a quitté avec pertes et fracas (cette expression n’a d’ailleurs jamais pris autant de sens qu’ici) mais elle a quand même eu le bon goût de le faire un dimanche, le dimanche 10 juin.

Lorsqu’on arrive dans un nouvel environnement et que l’on consomme des produits locaux, il arrive parfois que notre flore intestinale doive d’adapter. La transition peut se faire en douceur comme violemment… Pour ma part, les premières semaines se sont relativement bien passées même si un des premiers repas au restaurant m’avait laissé un peu vaseux. Je pensais donc que mon petit système digestif s’était fait de nouveaux amis sans souci. Me trompais-je lourdement que j’en dus faire l’expérience… Effectivement un germe pas très amicale m’a remis sur le droit chemin, m’intoxiquant sans doute après la consommation d’un aliment contaminé ou d’une eau courante à l’assainissement douteux. Quoi que ce fusse, mon dimanche en fût bouleversé et moi avec. Crampes d’estomac, vidanges sans ménagement, je vous épargnerai les détails d’une bataille intestine plus que violente. Le tout s’est accompagné d’une fièvre et surtout de courbatures qui m’ont poursuivi les jours suivants, stigmates d’une violente dispute physiologique. Autant vous dire que cette journée et la nuit qui suivit ne furent pas vraiment de tout repos. Mais cette crise, si violente fut-elle, ne dura pas très longtemps : après un jeûne le jour du lundi, les choses revinrent quasiment à la normale le surlendemain.

Depuis ce temps-là, plus de problème gastro-intestinal : ceci m’aura au moins apporté une nouvelle flore sans doute plus adaptée aux produits locaux. En souhaitant longue vie à mes petits microbes et en espérant que cela ne se reproduise pas car une fois est bien suffisant, vous pouvez me croire.

…mais que vous vous faites un nouvel ami !

Cette crise intestinale fut aussi l’occasion de me faire un nouvel ami… dont je me serai passé… Et pour le coup, il ne s’agissait pas de microbes !

Lorsque je me suis couché ce soir-là, mal en point que j’étais, j’eus la surprise d’entendre un bruit étrange derrière la cloison de mon dressing, se situant à la droite de ma chambre. J’ai d’abord attribué ce bruit à mon voisin mais il se produisait par intermittence et se prolongeait dans la nuit. Je l’ai alors assigné à un délire dû à mon état fiévreux mais cette conclusion ne semblait pas me satisfaire car je ne trouvai pas le sommeil. Une autre hypothèse me vint semble-t-il plus convaincante pour mon esprit car me permettant de trouver les bras de Morphée sans encombre : il s’agissait probablement d’un petit mammifère qui grattait à la cloison. Je ne savais pas encore à quel point j’avais raison et à quel point j’allais le regretter…

Ce petit animal, rongeur ou insectivore, semblait s’être perdu et cherchait désespérément à trouver une sortie. Je n’avais encore aucune idée de sa provenance et à vrai dire l’état dans lequel je me trouvais me préoccupait plus que sa présence. Cependant, ma fièvre me réveillait à intervalle régulier et me permettait de suivre sa progression derrière la cloison, l’entendant gratter de plus en- plus près, semblant creuser un tunnel pour rejoindre l’extérieur. Au petit matin, j’entendais des petits couinements. Le pensant entre mon bâtiment et celui mitoyen, je m’étais dit qu’il trouverait la sortie bientôt après une nuit d’effort. Pour ma part, je m’étais réveillé dans un état plus que vaseux ne sachant toujours pas si ce que j’avais entendu pendant la nuit était bien réel. Au final ce le fut, se rappelant à mon bon souvenir à plusieurs reprises au cours des jours suivants.

Après cette nuit-là et durant les jours suivants, je n’entendis plus de bruits derrière ma cloison. En revanche, d’autres bruits au niveau du plafond se produisirent. Ce n’était pas la première fois que je les entendais mais je les avais attribués à mon cher et tendre voisin. À la lumière de l’hypothèse de ma nuit enfiévrée, une nouvelle interprétation beaucoup plus pertinente m’apparut : il s’agissait de plusieurs autres petits mammifères se situant dans les combles du bâtiment mitoyen… Ces combles devaient servir de nid à ces derniers surtout durant la période de reproduction dans laquelle nous devions être. L’animal derrière la cloison avait été alors probablement un des petits de la dernière portée ou bien un adulte maladroit. Quoiqu’il en soit, je n’avais finalement pas qu’un seul nouvel ami mais toute une famille… Leur petit manège dura une bonne semaine avant de ne plus entendre aucun bruit. Durant ce même temps, j’ai tenté de vérifier s’il existait un espace entre mon bâtiment et le bâtiment mitoyen expliquant peut-être la présence du malheureux : aucun espace visible… J’en tirai donc deux conclusions évidentes : il doit exister un vide entre les cloisons des deux bâtiments communiquant sans doute avec le comble de l’autre bâtiment et surtout, le malheureux n’avait aucun moyen de s’échapper et peut-être même de faire demi-tour une fois dans son tunnel. Son sort avait dû être scellé cette triste nuit du dimanche au lundi. J’en eus la confirmation quelque temps plus tard.

Le premier indice fut l’odeur. En effet, au cours de la deuxième semaine suivant cet événement une odeur insidieuse de pourriture se glissait petit à petit dans l’appartement. Pensant au début à ma poubelle, le temps extérieur se réchauffant quelque peu, je me suis vite aperçu de le présence plus forte de cette odeur dans ma chambre plus que dans toute autre pièce. Bien que désagréable, après une heure dans l’appartement je ne sentais plus rien. Ceci ne me dérangea donc que moyennement. Et puis une semaine plus tard, plus rien. Je pensais que cela serait le point final de cette triste histoire. J’étais loin d’imaginer qu’un autre indice de la présence du malheureux se manifesterait plus visiblement.

En effet, une semaine après les derniers effluves apparurent l’autre signe de la présence d’un cadavre : les mouches. Ces mouches étaient typiquement des mouches à viande que l’on trouve sur des animaux en décomposition. Et il semblerait qu’une partie au moins d’entre elles aient suivi le même chemin que ces chers effluves, confirmant une communication entre le montant de ma fenêtre et le fatal espace entre les cloisons (mon bâtiment ayant dû subir quelques déformations depuis sa conception). Ainsi durant cinq jours, neuf mouches de taille imposante se sont pointées dans mon appartement, une à une en général, deux vers la fin. Redoutant une invasion massive qui ne se produisit pas à mon plus grand bonheur, je pris le problème au sérieux dès le début : journal enroulé, œil aiguisé, geste vif. Sans doute une capacité hérité de mon père, uniquement une seule survécu à mon courroux. Cette période fut d’ailleurs propice au souvenir, lorsqu’âgé d’une dizaine d’année et admirant le talent de mon père dans cet art, je l’avais affectueusement surnommé de « tapette à mouche ». Il m’avait alors révélé que le mot tapette pouvait avoir un sens caché que je ne saisis qu’à moitié à l’époque mais qui faisait que ce qualificatif n’était généralement pas considérée comme gratifiant. Mais durant ma basse besogne, je ne pus m’empêcher de me considérer comme une tapette, dans le sens le plus glorieux du terme (si tant est qu’il y en ait un).

Ainsi fut-il de la vie de mon nouvel ami qui trouva son terme à l’issu de mon jour de mal être mais qui se rappela à moi régulièrement par différentes manifestations et dont les derniers instants sont immortalisée maintenant par ces lignes. Nous ne pouvons maintenant lui souhaiter qu’une seule chose : RIP.

Voisins, chers voisins, que nous vous aimons !

Ses voisins, c’est un peu comme ses collègues de travail, on ne les choisit pas… Dans certains cas, on a de la chance, ils restent plutôt tranquilles, dans d’autres, c’est un peu plus compliqué. À Poitiers, j’avais déjà eu l’occasion avec ma chère et tendre de goûter aux joies d’un voisinage agité. Cependant, une mise au point sur les deux heures du matin avec la menace d’un appel aux autorités avait calmé les jeux nocturnes. Je me demandais ce qu’il en serait dans mon nouveau logement américain.

Je dois bien dire que dans l’ensemble je n’ai eu aucun problème depuis mon arrivée. Mais il semblerait qu’un nouveau voisin se soit installé très récemment et que celui-ci ait à la fois la bougeotte et le pas lourd… La conjonction des deux vous donne des bruits sourds incessants. Le plus désagréable se produisant durant le week-end. Je ne sais pour quelles raisons obscures il doit se déplacer constamment entre sa cuisine et son salon (si le plan de son appartement est identique au mien, ce que je suppose) mais entendre ses pas à longueur de journée est assez insupportable. Cependant, le bruit se produit toujours durant la journée et sans plus d’excès que le bruit sourd (mais insistant) de ses pas. Pour le moment, j’ai pris la décision d’accepter ces bruits et de faire avec (ce qui fonctionne mais certains jours avec moins de réussite que d’autres). Peut-être prendrai-je la décision d’aller le voir pour lui expliquer la situation mais je dois bien avouer que le faire dans une langue étrangère ne me rassure pas trop d’autant plus que j’ai bien peur de faire un impair si la personne présente un poids conséquent. Donc pour le moment, observons. Mais une conclusion s’impose, les constructions en bois ne semblent pas optimal pour ce genre d’isolation phonique, sachant que tous les appartements possèdent de la moquette qui est sensée atténuer les bruits de pas…

Cet épisode fut aussi une occasion pour moi de me remémorer un autre souvenir de mon enfance, lorsque moi aussi j’avais le pas lourd et que mes parents me rappelaient à l’ordre et me démontraient que marcher avec le talon n’était pas vraiment le moyen le plus efficace de marcher silencieusement et de ne pas déranger les personnes à l’étage inférieur. Comme quoi, l’éducation a tout de même du bon…

Tautavel, mais ne serait-ce pas par chez moi ?!

Voici une petite anecdote fort sympathique. Mon chef, Tim, a organisé le dernier week-end de juin, une soirée chez lui afin de réunir des gens du laboratoire et de discuter d’autres choses que de travail. C’était fort agréable et ceci nous a permis de faire la connaissance de sa femme et de ses enfants, tous fort sympathiques. Au cours du repas, quelques bouteilles de vin ont été débouchées et parmi l’une d’entre elles, se trouvait une bouteille d’un domaine du village de… Tautavel…

Je leur ai fait part de ma surprise à la lecture de l’étiquette, leur ai expliqué où se situait le village en question et quel fossile particulier avait été découvert dans les années 70, le plus vieux représentant de la lignée humaine en Europe. C’est certainement la plus grosse surprise que j’ai eu pour le moment. Mais c’était une agréable surprise qui m’a permis de faire connaître l’une des régions que j’ai habitée (grand voyageur que je suis…).

Le steakhouse à la mode brésilienne ou le temple de la viande !

L’une de mes dernières expériences culinaires du moment (très récente puisque datant de vendredi) fut un dîner dans un des steakhouses du centre-ville de San Antonio dignement nommé Texas de Brazil. Les Brésiliens semblent être des consommateurs avertis de produits issus des différentes parties du veau, du bœuf ou encore de l’agneau. Ils sembleraient exceller dans l’art de griller ces différentes parties (tout du moins comme me l’a soufflé le Brésilien de l’Institut, notre cher Marcio). Il nous avaient été conseillé par l’organisatrice du dîner de jeûner le fameux jour, chose que je fis.

Le soir venu, nous allâmes donc à notre rendez-vous avec quelques collègues voisins. Une fois installés, nous avons eu droit à la petite explication concernant le fonctionnement des commandes : si vous souhaitez des légumes, buffet à volonté à quelques enjambés, si vous souhaitez de la viande, prenez votre petit jeton présentant sa face rouge sur votre tableau et retournez-le pour que la face verte soit visible. À partir de ce moment, les serveurs qui circulent avec les broches sur lesquelles se trouve la viande grillée viendront vous voir et vous pourrez ou non accepter ce qu’il vous propose. Autant vous dire que le concept entrées / plat est à oublier…

Étant de nature à profiter de ce qu’on m’offre, j’ai goûté à toutes les viandes (ou presque). Je peux vous dire que si jamais vous souhaiter allez dans un steakhouse de qualité, je ne saurais que trop vous le recommander. La viande était tout bonnement succulente : filet de bœuf et autres parties que je n’ai pas vraiment reconnues, gigot d’agneau, cuisses de poulet avec bacon, cuisses de poulet panées au parmesan, saucisses brésiliennes (qui est le seul met sans aucun intérêt car n’étant que graisse et peu goûteux). Autant vous dire que mon instinct carnassier s’est bien réveillé et que les légumes furent mis un peu de côté. Bien qu’ayant mangé plus que de raison, je m’étais tout de même octroyé un petit dessert (cheesecake nappé de caramel) accompagné d’une liqueur ressemblant furieusement à du Baileys.

Vint alors le moment de l’addition. Si votre viande avait manqué d’assaisonnement, soyez assuré de trouver l’addition bien salée. Je me suis donc dit que je n’avais pas eu tort de ne pas me priver : le forfait était de 42$ pour le menu « viande ». Autant vous dire qu’ils ont largement de quoi se payer le bois et le charbon pour faire cuire assez de viande pour tout un quartier avec ce que vous leur laisserez… Mais bon, la qualité étant là, je n’ai rien regretté. Et j’en connais une qui ne se privera pas non plus en août…

Quoi qu’il en soit, si vous être végétarien, vous l’aurez compris, passez votre chemin !…

La petite surprise qui s’est tant fait attendre (mais que vous n’attendiez sans doute pas…) !

L’une des raisons du retard de cette publication était une chose que je devais faire depuis un an et que je m’étais obligé à faire avant de publier ce nouveau billet. Étant obstiné mais manquant un peu de courage, je dois dire que j’ai un peu procrastiné… En même temps, ça faisait un an que je procrastinais en fait. Quelle est donc cette chose si angoissante ?… Revenons un an en arrière.

Juin 2011, Poitiers. Le temps de ce mois est plutôt beau (en tout cas, bien meilleur que celui de l’année qui suivra). Les jours du mois passent et nous arrivons au 15 juin. Mais qu’y avait-il le 15 juin ? Oui, le premier mois de mes 27 ans (merci d’y avoir pensé). C’était aussi l’anniversaire de Michèle Laroque, Guy Bedos, Johnny, Claudre Brasseur (mais à vrai dire, là n’est pas vraiment le propos). Il s’agissait surtout ce jour-là d’un jour important pour moi : ma soutenance de thèse !

Comme certaines personnes n’avaient pu assister à ma soutenance (principalement mon frère qui était en Nouvelle-Zélande à cette époque), j’avais décidé avec l’aide d’un ami de faire une vidéo de cette soutenance. La vidéo fut faite, le jour même et j’avais prévu de faire le montage dans le mois qui suivait. Mais je dois bien avouer que me voir en vidéo n’est déjà pas vraiment une chose agréable, voir ma propre soutenance ne faisait que faire resurgir des sensations de tension assez désagréables. Je remettais donc ce montage toujours à plus tard.

Mais l’anniversaire de ma soutenance venant, je m’étais dit que c’était l’occasion de retenter la chose. Eh bien même un an après, les sensations sont toujours-là bien qu’un peu moins fortes. Néanmoins, je m’étais dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais (ce qui se serait sans doute avéré juste). Après un peu de procrastination, je m’y suis mis mi-juillet. Finalement, en une semaine, l’affaire était bouclé. Je dois bien avouer que ce fut plus facile que prévu. Cela sans doute pour une raison simple, c’est que j’ai commencé par monter les moments les plus sympa (sur la fin), ce qui finalement m’a donné plutôt une impression positive. Cependant, je pense que je ne serais sans doute jamais capable de regarder cette vidéo en entier ou alors dans une bonne paire de décennie si ce n’est pas plus.

Vous trouverez donc le fruit de ce travail pour ceux qui souhaitent voir ma soutenance (ceux qui n’y ont pas assisté ou ceux qui sont curieux de la chose). Je dois remercier Seb pour sa cruciale participation (ayant fourni le matériel et été le réalisateur). Voilà donc la fameuse surprise que vous pourrez la télécharger ici (si jamais le lien n’est pas valide, laissez-moi un commentaire et j’y remédierai). La vidéo est au format ogv et n’est lisible que sur un ordinateur. Si vous n’arrivez pas à la lire, vous pouvez télécharger le lecteur libre VLC. La qualité sonore n’est pas optimale, ayant fait ce que j’ai pu pour améliorer les choses en post-production (eh oui, employons le jargon approprié). En espérant que vous passerez tout de même un moment agréable.

Et voilà, ainsi se termine ce billet. Comme vous pouvez le voir, je me suis bien rattrapé. Et encore, j’aurais pu en dire plus mais je me réserve quelques petites choses pour le mois de septembre. Eh oui, nous ne nous retrouverons pas avant la rentrée, non pas que je m’accorde une pause estivale car je n’en ai clairement pas (rappelez-vous que je n’ai que deux semaines de vacances et qu’elles ne se pointeront pas avant décembre…). La raison profonde et essentielle de cette absence n’est autre que la présence de ma chère et tendre Winka durant ce mois. Elle passera un été studieux puisque rédigeant sa thèse (ce qui tombe bien car je serai au travail). Mais les week-end, eux, seront consacrés à la visite des environs que j’ai somme toute assez peu explorés finalement.

Donc ne perdez pas l’endurance que vous avez acquise durant ces quasiment deux mois d’attente !

En vous souhaitant un bon été et de bonnes vacances pour les plus chanceux.

À la prochaine !

À l’ombre du clavier et des pipettes !

Je profite de ce long week-end pour rattraper un peu mon retard. Eh oui, ici aussi, nous avons un week-end de trois jours mais point de Pentecôte : il s’agit du Memorial Day (jour de mémoire pour les gens tombés en défendant la liberté). J’en reparlerai un peu plus tard.

Me voici donc parti vous raconter une nouvelle petite aventure ! Cette fois-ci j’ai décidé de vous faire partager un peu de ma vie dans l’Institut, histoire de vous montrer les différences que l’on peut rencontrer entre la France et ici. Prenez votre tasse de café, vos gants et votre blouse et faisons un tour dans le monde de la recherche sur le nouveau continent !

Quand on travaille à côté d’une célébrité…

La première chose qui m’a frappé a été mon voisin de bureau. Ne vous inquiétez pas, il n’a usé d’aucune violence (son flegme tout anglais ne pourrait le lui permettre). Non, ce qui m’a frappé est sa soudaine célébrité : eh oui, Ian est devenu une star au cours du mois d’avril ! Je m’explique.

Durant nos premiers échanges par e-mails pour préparer mon arrivée à San Antonio, il m’avait fait part du fait qu’il était très pris par son travail. Ça ne m’a pas vraiment surpris (un chercheur est généralement bien occupé). Lorsque je suis arrivé à l’Institut, j’ai compris pourquoi il avait été aussi occupé ces dernières semaines : son article dans Science venait d’être accepté (il faut savoir que Science et Nature sont les deux journaux dans lesquels tout chercheur souhaite un jour publié). Pour vous la faire courte : Ian travaille sur un autre parasite que moi, Plasmodium falciparum, responsable de la malaria et son travail a permis d’identifier une région du génome du parasite impliquée dans la résistance à un médicament antimalaria, l’artémisinine (le plus efficace trouvé cette dernière décennie), résistance qui commence à émerger dans le Sud-Est asiatique (cf. le résumé de l’article en anglais). Cette découverte est assez importante et je m’en vais vous expliquer pourquoi. Comme vous le savez sûrement, lorsqu’un médicament est efficace, il est largement utilisé. Lorsqu’il s’agit d’un médicament combattant des organismes pathogènes (antibiotiques contre les bactéries, anti-viraux, anti-parasitaires), des résistances chez les parasites peuvent émerger (émergence d’autant plus fréquente que le médicament est employé de façon intensive). Et si jamais une résistance venait à se répandre dans les populations de parasites, cela poserait des problèmes sanitaires assez évidents. L’identification de la partie du génome responsable de la résistance à l’artémisinine est une grande avancée puisqu’elle permettra l’identification du ou des gènes de résistance, ce qui permettra d’identifier les populations résistantes (et ainsi de varier les traitements pour éviter que la résistance ne s’installe), mais aussi de créer des variantes du médicament pour contourner cette résistance. D’ailleurs, à ma connaissance, il s’agit de la première fois qu’on identifie une région génomique impliquée dans une résistance avant que celle-ci ne soit bien établie dans les populations de parasites.

L’article a été jugé tellement intéressant par les éditeurs de Science qu’Ian a fait l’objet d’une interview début avril que vous pouvez écouter ici (ou lire ici). Cette célébrité est même internationale puisque le Guardian (l’équivalent du Monde en Angleterre) a fait un article sur le sujet. Et même un journaliste de notre Science&Vie national souhaitait également écrire un article sur la découverte et a donc interviewé Ian courant avril (j’aimerais bien aussi que Science&Vie m’interviewe…). Cette célébrité soudaine n’a pas manqué de faire son petit buzz dans l’Institut et les félicitations ont plu (et tant mieux pour lui). Même si l’euphorie est maintenant retombée, c’était tout de même une période assez marrante.

Informatique quand tu nous es indispensable !

Ah, l’informatique en entreprise, c’est quand même quelque chose ! Je dois bien avouer que les milieux universitaires français sont tout de même très loin d’une gestion efficace de leurs parc et réseau informatiques (enfin, de ce que j’en ai vu à Perpignan, Antibes et Poitiers). Autant en France, je pouvais faire un peu ce que je voulais avec ma machine avec une optimisation réseau assez pauvre, autant ici, c’est l’inverse. On vous fournit un identifiant et un mot de passe qui vous servira pour toutes vos activités informatiques (consultation d’emails, ouverture de votre session sur n’importe quel PC du réseau, connexion aux serveurs de calculs) mais vous ne pourrez faire aucune tâche administrative (principalement installation de nouveaux logiciels). Il est vrai qu’au début, c’est assez déroutant : quand vous n’avez eu l’habitude que d’être administrateur, devenir un simple utilisateur est assez frustrant au premier abord. Mais il faut savoir que beaucoup de logiciel peuvent s’installer en tant qu’utilisateur (surtout quand on connaît les bons filons) et du coup, j’ai tout de même pu optimiser ma machine comme je le souhaitais (principalement utilisation de logiciels libres pour maximiser l’inter-polarité entre le PC du bureau et mon PC perso). Car en tant que fervent défenseur du logiciel libre, ma machine tourne sous Linux. Mais ici, au pays du capitalisme, l’utilisation de logiciel libre (qui a priori ne rapporte rien mais si ce n’est forcément vrai (cf. RedHat)) ne sont pas courant (bien que les serveurs de calculs de l’Institut soient sous Linux…) : ici le système d’exploitation roi n’est autre que notre bon vieux Windows. Et on ne peut pas dire que les logiciels installés soient vraiment libre : Microsoft Office et tous les outils Microsoft livrés de base. Que du bonheur… J’avais bien essayé de demander à avoir une machine sous Linux mais vu leur réticence, j’ai vite abandonné. Du coup, une petite installation d’outils libres pour Windows (Gimp, LibreOffice, FreePlane, etc.) issus du site portableapps.com (applications initialement prévus pour être transportées sur clé USB) dans mon dossier perso et le tour est joué. Et pour finir, une petite installation de Cygwin pour émuler un environnement Unix (comme sous Linux) avec un joli terminal et l’affaire est dans le sac. Ainsi, je peux utiliser mes fichiers et scripts sans souci de compatibilité. C’est quand même beau l’informatique !! Mais le retour sous Windows reste tout de même assez douloureux, surtout dû au manque de flexibilité de l’OS en question… En revanche, mon auto-formation sous Linux durant ma thèse a, quant à elle, trouvé toute sa justification : l’utilisation des serveurs de calculs, tournant sous Linux et permettant d’effectuer des traitements de données nécessitant d’importantes ressources en terme de puissance de calculs, ne peut s’effectuer qu’en ligne de commande et demande la mise en place de scripts. Comme quoi, j’avais eu une bonne vision à l’époque (malgré ma myopie).

Côté réseau en revanche, la chose est bien structurée : si vous utilisez un PC d’acquisition relié à une quelconque machine (spectrophotomètre, qPCR, etc.) présente dans l’Institut, vous pouvez vous logger avec votre identifiant et mot de passe et un environnement personnalisé est immédiatement créé. En plus, la possibilité de déposer des fichiers sur un serveur de données pour les récupérer ensuite sur n’importe quel PC (comme celui de votre bureau) vous offre une flexibilité sans pareil : adieu les clés USB et les virus qui vont avec ! (mais j’en ai toujours une sur moi, on ne sait jamais).

Même si dans l’ensemble on s’habitue vite à devenir un simple « utilisateur », je dois bien avouer que cela fait assez bizarre. Mais je me suis aussi rendu compte que ça me rendait un peu plus productif car je n’ai du coup plus besoin de m’occuper des tâches administratives (mise à jour, etc.). Comme quoi, les nouveaux environnements se rencontrent à tous les niveaux…

Du PC à la paillasse !

Généralement, la vie d’un jeune chercheur en science expérimentale ne se résume pas à passer sa vie devant un PC. Il y a aussi le côté paillasse. Et avec ma mince expérience de chercheur, je peux tout de même déjà tirer un constat : chaque laboratoire à sa façon propre de fonctionner. Ayant fait cinq laboratoires maintenant, j’ai été confronté à deux grands types de gestions : une gestion personnelle (où chacun à son petit bout de paillasse avec ses pipettes) et une gestion communautaire (ou tout est en commun) avec tout un continuum entre les deux. Ici, on est plus proche du premier type : j’ai la chance d’avoir mon petit bout de paillasse où je peux faire mes petites expériences.

Je pense que ce système, même s’il peut être considéré comme un peu plus « égoïste », est finalement plus profitable car chaque chercheur a sa vision bien à lui du rangement (surtout Ian, chez qui cette vision semble bien distordue) pouvant générer des tentions lorsque tout le monde n’a pas cette même vision : il s’agira souvent des mêmes personnes qui rangeront le matériel alors que d’autres se contenterons de laisser les choses en plan.

Ça fait maintenant à peu près un mois que je travaille à la paillasse (les choses ont été un peu longues à se mettre en place) et maintenant, les repères sont acquis. C’est plutôt une bonne chose. Et à l’heure actuelle, les choses semblent avancer correctement (en tout cas, je n’ai pas à me plaindre même si les journées sont parfois un peu longues). Je ne rentrerai pas dans le détails de ce que je fais pour plusieurs raisons : la première est que ce serait un peu trop technique et la seconde est que ça reste encore confidentielle (même si pour le moment, je ne crains pas encore trop la concurrence). Mais pour le moment, ça roule bien !

Memorial Day.

Quelques mots sur cette fête nationale américaine. Elle s’apparente à notre 8 mai et 11 novembre (sauf qu’ici pourquoi deux jours fériés lorsqu’on peut en avoir qu’un). Ce qui m’a relativement frappé, c’est la ferveur de ce jour : dans les commerces et les média, il s’agit d’un jour réellement important (nos deux jours fériés de notre côté de l’Atlantique ayant généralement moins d’attrait). En même temps, c’est assez logique vu que les États-Unis sont en guerre depuis à peu près la fin de la Seconde Guerre Mondiale : Vietnam, Irak, Afghanistan, Irak. Les gendarmes du monde qui parfois compliquent un peu plus les situations géo-politiques qu’ils ne les résolvent ont effectivement perdu beaucoup de leurs citoyens sur lew champs de bataille (et on sans doute fait fructifier leurs capitaux dans les industries de l’armement). N’ayant pas la télévision, je n’ai pu voir s’il y avait des commémorations particulières mais, quoi qu’il en soit, ça reste tout de même un jour important.

Voilà mon retard rattrapé. Je pense que le rythme des publications sera plutôt de trois semaines voire un mois car je dois bien dire que je n’ai plus vraiment matière à raconter (quoi qu’il faut encore que je passe mon permis par exemple). Donc ne soyez pas surpris si mes prochains articles sont un peu espacés dans le temps.

Sur ces bons mots, je vais vous souhaiter une bonne semaine, en espérant que tout aille bien de votre côté, et vous dire à la prochaine !

Hum vous avez dit roussi ? L’enfer se rapproche…

J’espère que je ne vous ai pas trop manqué ? Après quinze jours d’attente (interminables, je le sens), voici quelques petites nouvelles de votre petit français préféré (enfin je l’espère 😉 ) vivant de l’autre côté du globe ! Je dois bien vous avouer qu’il n’y a rien de bien neuf sous ce soleil qui commence à devenir infernal. M’en vais vous raconter tout de même quelques petites histoires qui vous distrairont certainement.

Chaud devant !!

La première chose que je me dois de vous communiquer concerne le temps : eh bien mes amis, il va falloir que je me prépare à l’été. Lorsque j’étais arrivé au mois de mars et jusqu’à la mi-avril, je m’étais dit que le temps n’était pas si terrible que ça et que la chaleur était largement supportable. Les 30°C ne me faisaient pas vraiment peur… Mais ça, c’était avant… (non je ne plagie pas un slogan de pub…) En effet, il semblerait que vers la mi-avril se produise un changement, comment dire, radical !! Finalement, les vagues de chaleurs à venir risque d’être beaucoup moins agréables que prévu.

Tout à commencer vers la mi-avril. Du jour au lendemain, il s’est mis à faire beaucoup plus humide. L’humidité croissante et la chaleur déjà bien présente, je vous laisse imaginer le tableau : une moiteur insupportable. Après en avoir discuté avec les autochtones, ces derniers m’ont confié que ce n’était rien comparé à l’été et que cela restait franchement agréable… Je dois bien avouer que de mon côté, ce ne l’est pas vraiment pour le moment. Mais peut-être saurai-je apprécier dans un futur proche ces températures dignes d’un four. Parce que depuis la mi-avril, point de relâchement : chaque jour, la température augmente un petit peu (la dernière semaine a plafonné à 34°C). Et comme les bâtiments sont bien climatisés, dès que vous sortez, vous en prenez plein la poire. Du coup la vasodilatation, vous savez tout de suite de quoi il en retourne : la sensation est étrange (mais pas forcément désagréable) et vous fait bien sentir que vous changer d’environnement. Le fait de porter des vêtements noirs n’arrange bien évidemment rien à l’affaire. Ainsi mon sentiment de bienheureux du mois de mars s’est évaporé telle une flaque d’eau dans un désert !! Par ailleurs, depuis que les pointes à plus de 30°C arrivent régulièrement, mon climatiseur est entré en fonction !! S’il me lâche, je vous avouerai que je n’ose pas imaginer l’état dans lequel je vais me retrouver…

Fiesta Day

Les mois d’avril et surtout de mai sont synonymes en France d’une quantité importante de jours fériés. Eh bien ici, malheureusement pour moi, il n’en est rien… ou presque. Effectivement, on a la chance d’avoir deux jour fériés, un chaque mois. Le premier concerne le Fiesta Day, sur lequel je vais revenir, et le second le Memorial Day (un peu notre 8 mai et 11 novembre).

Le Fiesta Day est un jour férié arrivant à la fin de la Fiesta Week, le dernier vendredi du mois d’avril. Ce jour férié est typique du Texas, vous ne le trouverai nulle part ailleurs. Il s’agit de la semaine de commémoration de la bataille d’Alamo (comme quoi les États-Unis ont tout de même des jours historiques à fêter). Pour faire simple, cette bataille de 1836 est une bataille majeure dans la guerre d’indépendance du Texas (qui était alors une province mexicaine), les mexicains tenant le fort que les texans voulaient prendre. D’ailleurs, pour l’anecdote, cette bataille a vu la triste fin de Davy Crockett (et de sa toque en peau de raton-laveur…). Du coup, comme la bataille fut remportée et mena quelques temps après à l’indépendance du Texas, il est normal que celle-ci fasse l’objet d’une fête nationale (au niveau de l’ État du Texas). J’ai appris par ailleurs que ce jour n’a été férié qu’assez récemment par l’État, chaque personne prenait auparavant un jour de congé s’il souhaitait profiter de la fête. Durant cette semaine se produisent de nombreuses manifestations dont une bataille de fleur. Il doit aussi y avoir quelques défilés. Pour ma part, j’avais prévu de descendre en ville ce jour-là mais devant l’affluence de la foule, je me suis désisté… Je tenterai l’an prochain, lorsque, avec Winka, nous serons prêts à braver la foule.

J’ai cependant pu avoir un aperçu très concret de ce qu’il en retournait puisque le soir même nous sommes allés au restaurant en centre-ville avec des collègues de travail pour fêter l’anniversaire d’Ian (il fêtait ses 29 ans). Du coup, nous étions descendu en taxi (vu la circulation, c’était une très bonne idée) et le monde fut au rendez-vous : même si la circulation était fluide, la ville était vraiment bondée. D’ailleurs, voici encore une anecdote concernant le chauffeur de taxi qui nous a accompagné (ah, ces chauffeurs de taxi). Lorsque nous étions monté dans sa voiture, j’avais remarqué que son fond d’écran de téléphone représentait l’écusson de l’équipe du Milan AC, chose assez rare pour être notée sachant qu’ici, les fans de foot (ou soccer) se comptent sur les doigts d’une main. Comme d’habitude, nous lui avons dit que nous étions de plusieurs nationalités et quand nous avons annoncé qu’il y avait un français dans la voiture, il était assez intéressé : rien de plus normal puisqu’il était lui-même français… Comme quoi le monde est petit. Il était ici pour faire ses études et avait dégoté un job de taxi driver. Nous avons parlé un peu. Il semblerait que la communauté française soit tout de même assez restreinte dans la région d’après ce qu’il m’a dit. Et concernant le temps, la chaleur semble difficile à supporter (ça promet vraiment). Il nous a déposé devant le restaurant. Ce restaurant, nommé Feast (pour fête mais vous l’auriez deviné), ressemblait beaucoup à un bar à tapas. D’ailleurs la carte parlait d’elle-même : il n’y avait pas réellement de menu. Nous avons donc commandé en groupe pour goûter à tout et je dois bien avouer que c’est franchement une bonne adresse : la cuisine est vraiment bonne. La soirée fut elle-même à l’image du repas. Cependant, bien que je comprenne de mieux ce que dise les gens, je n’étais pas vraiment très actif dans les discussions et parfois le temps me paraissait long. Mais c’était tout de même agréable de sortir un peu et d’être en compagnie. La soirée s’est terminée raisonnable sur les coups de 2h du matin après être passé au bar en face de la résidence. En somme un bon anniversaire qu’Ian a bien arrosé et qui, pour ma part, était beaucoup plus sobre. Vive le Fiesta Day !

Quand les problèmes de visa pointent le bout de leur nez !

Parlons quelques instants de mon travail. Comme vous le savez, je travaille principalement à l’institut dans lequel travaille mon superviseur mais également en parti au Centre Médical de la ville pour élever mes petits vers. Pour le moment, lors de mes interventions à l’hôpital, je suis encadré par Phil (le chercheur spécialiste du schistosome assez réputé mondialement), me montrant toutes les manipulations que j’aurai à faire prochainement avec mes bébêtes. Et bien évidemment, pour travailler à l’hôpital, il faut que j’obtienne leur autorisation.

Petite surprise la veille du Fiesta Day : mon visa ne me permet pas de travailler à l’hôpital. En effet, sur mon visa n’est mentionné que l’institut et non l’hôpital. Donc si jamais il y a un contrôle et que je suis seul dans le laboratoire de l’hôpital : direction la frontière et retour au pays du vin et du boursin… Il se pourrait donc que je doive faire une nouvelle demande de visa pour inclure les deux établissements, ce qui m’obligerait à un retour en France pour pouvoir faire valider mon visa dans mon pays d’origine (en gros, il s’agirait de revenir une semaine). Pour le moment, on essaye de voir s’il n’y aurait pas une autre solution car ça me ferait perdre du temps et de l’argent (enfin, l’argent du projet). Bien évidemment, je vous tiendrai au courant de cette aventure palpitante !!!

Les autres coïncidences du moment !

Comme promis, encore quelques coïncidences qui m’étaient sorties de la tête la fois dernière :

  • mon numéro de compte : il contient entre autre les nombres 64 et 86. Si l’on prend comme référence le numéro de département, ils correspondent respectivement aux Pyrénées Atlantiques (département dont est issu ma branche paternelle) et à la Vienne (département dans lequel j’ai fait ma thèse et j’ai rencontré Winka). Curieux n’est-ce pas ?

  • la rue dans laquelle se situe le laboratoire de la partie du Centre Médical dans lequel je travail : elle se nome Louis Pasteur. Vous me direz pour un Centre Médical, c’est assez logique mais je vous ferais remarquer qu’il s’agit d’un français (ça aurait pu être tout aussi bien un chercheur d’une autre nationalité).

Voilà, ce sera tout pour les nouvelles de ces derniers quinze jours !! En espérant vous retrouver dans la prochaine quinzaine !!

Sur ce, je vous souhaite bien évidemment une bonne semaine ou un bon pont !

Mystère et vitres teintées…

C’est parti pour un cinquième tour !! Il faut bien dire que la routine commence clairement à s’installer… Il ne m’arrive plus vraiment de choses passionnantes (en tout cas pour le moment). Je pense que le rythme des publications s’étalera un peu (on va essayer un rythme bimensuel), histoire d’avoir des choses à vous raconter.

Mais je vais tout de même vous faire part de mon unique et ô combien passionnante aventure de la semaine. Accrochez vos ceintures, nous allons parler voiture !!

Pour éviter les coups de soleil, encore faut-il être équipé !

Comme je vous l’avais déjà dit, dans mon petit coin, il y a pas mal de soleil. On peut même dire qu’on est plutôt bien loti. Mais qui dit soleil, dit éblouissement et grosse chaleur ! Or quand on passe une partie de sa journée dans une voiture, il vaut mieux être à l’abri de notre cher astre.
Lors de l’achat de ma mouture texane, il m’a été proposé de faire teinter mes vitres. Je dois bien avouer que c’était une option qui m’intéressait, tout d’abord parce que j’avais bien remarqué que le soleil était assez présent, mais également parce que beaucoup de monde possédaient des vitres teintées, indiquant une utilité certaine de la chose (bien que le comportement général ne soit pas toujours le meilleur, ici je pense que c’est quand même le cas). Mon cher vendeur, qui prenait de mes nouvelles régulièrement, m’a indiqué une entreprise spécialisée dans la teinte de vitres de voiture. Il m’a donc donné coordonnées géographiques et téléphoniques. Je dois bien avouer qu’au début, je voulais m’y rendre directement pour prendre rendez-vous mais ayant mis un certain temps à me déplacer, j’ai décidé d’en prendre un par téléphone. Ah le téléphone, mon ami… L’appel ne s’est pas trop mal passé mais il est toujours difficile de comprendre les gens (surtout quand ils ont un accent texan) et de se faire comprendre… Mais quand il y a de l’argent à se faire, il ne faut pas s’inquiéter, ils feront tous les efforts du monde. Du coup, appel le lundi pour un rendez-vous le mardi entre midi et deux.
Mon ami le GPS (gracieusement prêté par ma collègue australienne Claire) m’est toujours d’un précieux secours lors de mes déplacements dans mon nouvel environnement (il faut dire qu’il est assez difficile d’avoir de bons repères). Cette fois-là, il a encore assuré un max ! Une fois l’adresse rentrée, direction ma petite entreprise qui ne semble pas connaître la crise, surtout par ici. Prise en charge de la voiture à 13h, choix de la teinte des vitres : un choix imposé à l’avant par la loi (relativement clair pour pouvoir distinguer le conducteur) et choix libre à l’arrière, à savoir soit la même teinte qu’à l’avant, soit plus foncé pour le même prix. Le petit moment de folie de la journée : choisissons plus foncé à l’arrière ! Je me doutais que la pose prendrait un certain temps. J’avais donc amené un peu de lecture, histoire de patienter. Mais je dois bien dire que le service fut tout de même assez rapide. Une heure plus tard les 5 vitres sur les 6 que compte ma voiture furent teintées (le pare-brise ne l’est pas, sans doute aussi imposé par la loi). On me rend les clés de ma voiture nouvellement customisée (ah, je peux vous dire qu’elle a de la gueule !) et on m’indique les quelques consignes à suivre pour les prochains jours : ne pas baisser les vitres dans les trois prochains jours et ne pas laver l’intérieur des vitres dans le mois qui vient. Pour le paiement, celui-ci avait été fait lors de l’achat de la voiture. Mais j’ai tout de même eu la surprise d’apprendre qu’il m’avait préparé une facture de 110$ alors que l’option m’avait coûté 200$… Ah, il n’y a pas de petits profits chez les concessionnaires (qu’ici s’appelle dealers…). Je monte dans ma superbe voiture sur laquelle je ne devrais plus avoir de grosses dépenses pendant un certain temps. Petite explication technique concernant la teinte des vitres : il s’agit d’un film foncé, autocollant, posé sur la face interne des vitres. Le film semble être posé à l’aide d’un solvant, d’où les précautions précédentes pour éviter de le décoller ou déchirer. Les trois premiers jours correspondent à une phrase de séchage. D’ailleurs lorsque j’ai repris le volant, j’ai eu la surprise de voir trouble à travers ma vitre. Sur le coup, je me demandais si c’était un état définitif. J’ai pu vérifier le soir même que ce n’était pas le cas puisque l’effet commençait à s’estomper (le solvant s’évaporait). À l’heure actuelle plus aucune trace de quoique ce soit, je vois à travers aussi bien qu’avant.
Mais qu’en est-il de l’efficacité de ces films ? Je ne pensais pas m’en rendre compte si vite… J’ai dû transporter un paquet en plein midi le lendemain. J’avais mis ce paquet à l’arrière de la voiture, dont les vitres possèdent une teinte plus foncée. Première remarque lors de l’ouverture de la porte : les sièges et l’atmosphère sont relativement frais. Je fais mon trajet tranquillement. À l’arrivée, le paquet n’avait pas chauffé alors qu’il avait été exposé au soleil. Je pense que j’ai réalisé un bon investissement ! Je vous en donnerai des nouvelles cet été.

Par ailleurs, autre petite info sur ma tuture ! Lorsque je l’avais achetée, j’avais un peu tiqué sur le prix : 16000$, c’est quand même un investissement (en espérant récupérer quelques deniers dans trois ans) même si le prix est relativement justifié par le fait qu’elle soit récente (un an) et que le kilométrage est assez faible (36000 miles). En me rendant à ma banque, j’ai pu comparer le prix de ma voiture aux prix d’autres voitures à l’aide du catalogue provenant de l’entreprise dans laquelle je l’avais achetée : je pense au final que j’ai fait une assez bonne affaire. Des voitures de cet âge avec ce kilométrage se trouvaient plutôt aux alentours des 20000$ (hors taxes je pense, ce qui fait vite grimper le prix vers les 22000). Du coup, ça m’a mis un peu de baume au cœur !

Quand les coïncidences vous poursuivent ou comment faire de la numérologie à 2 cents !

Tiens, si on s’accordait un petit moment de détente. Faisons ressortir certaines coïncidences troublantes, histoire de rigoler un peu.

  • 19 mars 2012 : le jour de mon départ était aussi le jour du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (c’est une date assez importante pour toute une branche de ma famille)

  • Mon logement : j’habite la rue Huebner Oaks. Or Oaks en anglais signifie chêne mais aussi bois de chênes. Près de la maison familiale se trouve un bois de chênes (nommé Bois des Chênes, oui, c’est assez original) qui a failli disparaître… Bon en même temps, je dois dire qu’ici, le terme oaks est plus que répandu (je n’ai jamais vu autant de chênes de ma vie) mais tout de même, c’est assez remarquable je trouve

  • Mon téléphone professionnel : au labo, j’ai eu un numéro de téléphone dont l’extension était 394. Il ne fonctionnait pas et j’ai dû changer de ligne. Ma nouvelle extension : 277. La somme des chiffres de chaque extension est identique. Troublant n’est-ce pas ? En plus cette somme est égale à 14, or 1+4=5 (je sais, j’ai toujours été doué en maths) ce qui correspond au mois de ma naissance

  • Mon numéro de sécurité sociale américain : il comporte trois séries de chiffres. La somme de deux de ces séries est 15, le jour de mon anniversaire

Voilà pour les quelques coïncidences assez troublantes du moment. Si jamais j’en ai d’autres, je n’hésiterais pas à les partager.

Sur ces bonnes paroles, je vais vous souhaiter une bonne semaine et vous dire à bientôt (à dans deux semaines à moins qu’il y ait vraiment des événements intéressants à vous raconter) !

À la découverte du steack texan et petit bilan du mois !

Voici l’heure du quatrième article, ce qui signifie que le premier mois à San Antonio se termine. Un premier petit bilan s’impose donc ! Quels ont été les bons et les mauvais côtés de ce premier mois texan ? Que reste-t-il à découvrir et quelles sont mes espérances pour les prochaines semaines ?

Mais avant d’aborder tout ceci, je vais tout de même vous raconter ma péripétie de la semaine qui, je tiens à vous l’annoncer, était tout de même plus calme que celle de la semaine dernière.

Et pour finir il y aura une petite surprise à la fin (rien de transcendant toutefois).

Bienvenue dans l’univers du steakhouse !
L’un des emblèmes du Texas, avec le chapeau de cowboy et la cravate texane, est assurément le steakhouse. Comme son nom l’indique, il s’agit de la maison du steak et plus généralement de la viande de bœuf. Pour illustrer ce propos, on pourrait comparer ce genre d’établissement à nos Courtepailles. Je ne sais pas jusqu’à quel point la comparaison est valable pour le moment mais il s’agit de l’impression qui m’a été donné lors de ma première expérience steakhousienne.
En effet, ce samedi, j’ai été convié à une petite sortie entre collègue dans un des steakhouses huppés de la ville (eh oui, qui l’eût cru qu’un Courtepaille puisse être huppé…). Matt (l’australien de la dernière fois) et Ian sont venus me chercher, direction le Nord de San Antonio. Pour l’occasion, je m’étais habillé assez neutre tout comme Matt. Ian de son côté était plus décontracté (pantalon effiloché, comme à son habitude en somme).
Arrivés avec dix minutes d’avance, nous nous sommes dirigés vers le restaurant. Effectivement, il s’agissait d’un restaurant plutôt huppé : maître d’hôtel en habit de cérémonie, serveurs tirés à quatre épingles. Du coup, la tenue d’Ian détonnait un peu mais ça n’avait l’air de ne choquer personne. En même temps, il semblerait qu’aux États-Unis, on soit un peu moins prompte à juger les gens sur leur apparence. Nous avons été assez vite rejoints par l’organisatrice de la soirée, Joanne (une australienne travaillant à l’Institut). Une petite bière au bar avant d’obtenir notre table (un petit quart d’heure plus tard) et puis les trois convives attendus arrivent (tous des australiens soit dit en passant, comme quoi le Texas doit être aussi un État australien).
Une fois confortablement installés, nous pouvons découvrir la carte. Petite précision pour les non-initiés : les appetizers sont les entrées, les entrées sont les accompagnements des plats (allez savoir pourquoi, personne ne connaît la réponse), et les plats ne semblent pas avoir de réels nom de sections dirons-nous. Parmi les appetizers, on pouvait choisir entre autres Escargots (sic) et French Onion Soup. Je me suis laissé tenter par le second. Ensuite, pour le plat, les choix n’étaient pas vraiment au rendez-vous : je m’attendais vraiment à un choix de viandes divers et varié. Eh bien, Filet-mignon (sic, qui n’est autre que du filet de bœuf), ou prime qui semble être du steak de premier choix. Vous pouvez l’avoir simplement grillé ou plus élaboré. Pour ma part, j’avais pris un filet de bœuf avec sauce tomate à l’ail et maïs. Nous avons également décidé de prendre l’ensemble des entrées (sachant que nous étions 6 et qu’il y avait 6 assortiments) parmi lesquelles des Lyonnaise potatoes (qui sont en réalités des pommes de terre Bonne Femme (merci Winka)) et du Au gratin potatoes (sorte de gratin dauphinois avec une sauce au poivre remplaçant la crème fraîche). Vient ainsi l’heure de la commande et avec la bonne surprise de la soirée : le choix de la cuisson lors de la viande. Il est de notoriété que les américains aiment leur viande plutôt bien cuite. Le fait de pouvoir demander sa viande rare (blue en Angleterre et bleue chez nous) ou medium fut un soulagement surtout pour moi qui ne l’aime pas trop cuite.
Après un délai raisonnable, Les plats arrivent. Ma soupe à l’oignon française made in Texas n’était pas mauvaise. Oubliez bien évidemment le concept de fromage râpé et dites bonjour à la toastinette. Dans l’ensemble, cette soupe était très bonne (les croutons ont été remplacés par de la mie de pain) et le fromage, bien que non râpé, n’était pas mauvais (armez-vous tout de même d’un couteau pour le couper). Le filet était lui plus décevant. Il était accompagné de sa sauce et de bacon et au final les arômes n’étaient pas vraiment bien dosés (tous les goûts étaient prononcés). Du coup, ce n’était pas vraiment une réussite et je commençai à regretter de ne pas avoir pris une pièce uniquement grillée. Quant aux entrées, elles n’étaient pas mauvaises rattrapant un peu le plat. En tout cas, je peux vous dire qu’à la fin du plat, le repas était terminé : tout le monde avait bien mangé (les portions avaient été conséquentes comme toujours) et même si les desserts étaient attrayants, il n’en fut rien.
Puis vint le moment de l’addition… Le restaurant n’était pas huppé pour rien et l’excès de sel dans la facture m’a bien donné soif (au bon moment pour finir le vin rouge australien qui avait accompagné tout ce repas). Cinquante dollars pour une entrée, un plat et un accompagnement, ce premier steakhouse a été certes une bonne introduction mais à un prix plutôt élevé. Mais, bien que le choix de mon plat ne m’a pas vraiment satisfait, il faut tout de même avouer que le service a été très bien et que le cadre agréable. En somme une soirée plus calme que celle de la semaine dernière et très appréciable.
Le retour fut aussi rapide que l’allée. Au cours de notre discussion, j’ai appris qu’un circuit de F1 était en construction à Austin et que Matt et Ian avaient l’intention de voir la course de F1 qui s’y tiendra en novembre prochain. Ils m’ont évidemment proposé de venir et je dois bien avouer que je ne manquerai pas une occasion de voir une course de F1 en direct. Donc rendez-vous en novembre pour suivre cette aventure de plus près.

Petit bilan : les bons côtés…
Comme je l’avais annoncé, voici un petit bilan de ce mois passé. Étant de nature à voir le verre à moitié plein, commençons par les bonnes choses.

  • l’alimentation : l’une de mes grandes peurs en arrivant ici était de savoir quel type de produit je pouvais trouver. Heureusement pour moi, les produits sont équivalents à ceux que l’on trouve en Europe (j’ai même de l’aubergine et du chou-fleur finalement). Donc très bon point, je peux manger ce dont j’ai envie !!

  • l’intégration : elle s’est mieux passée que je l’aurais espéré. Ceci en très grande partie grâce à Ian qui m’a présenté aux diverses personnes du labo et qui m’a donné les bonnes informations au bon moment ! Franchement, merci à lui !

  • le temps : toujours beau (ou presque), ce qui fait toujours du bien au moral, surtout dans les moments difficiles.

  • les démarches administratives : je pensais que cela aurait été plus compliqué mais finalement elles se sont bien déroulées et plutôt rapidement.

  • Les services : la qualité de service est tout de même bien différente de ce que l’on peut trouver en France et je dois bien avouer que c’est très agréable (on prend de vos nouvelles, on vous choie). Franchement, une expérience à vivre.

… et les mauvais
Tout bon côté est toujours accompagné de sa face sombre… Pour ma part, ils sont assez peu nombreux mais plutôt prégnants…

  • la solitude : je me doutais bien qu’en partant à 10 000 Km de mon pays d’origine, ce ne serait pas facile tous les jours. Lorsque j’avais déménagé en France, j’avais toujours un petit coup de déprime à un moment donné mais ça ne durait jamais bien longtemps. Cette fois-ci, les moments de déprime sont beaucoup plus présents et intenses. Le pic a été la fin de la troisième semaine au cours de laquelle c’était particulièrement difficile. Ce moment correspondait à celui de la fin des démarches administratives et à l’installation d’une certaine routine… Depuis, ça va mieux mais il y a toujours des petites baisses de moral. Même si Internet est tout de même un outil très efficace pour rapprocher les gens éloignés (au moins de façon transitoire), lorsqu’on n’a plus de contact avec la personne que l’on voudrait, ça met un coup au moral. Je pense également que la diminution des contacts sociaux est un facteur aggravant. Être dans un pays étranger et ne pas parler autant qu’en France doit sûrement me jouer quelques vilains tours (finalement être expansif a parfois ses mauvais côtés).

  • les vacances : c’est la mauvaise nouvelle de la semaine (même si elle demande confirmation) : je n’aurai que deux semaines de vacances dans l’année… Je dois bien avouer que c’est quelque chose qui me fait franchement regretter la France… Au début, je pensais que j’avais quatre semaines ce qui me semblait tout à fait respectable. Mais j’avais commis une erreur de calcul : les 6,5 heures de congés que l’on m’avait signifié ne sont pas données à chaque paye (qui se fait toutes les deux semaines, encore une particularité des États-Unis) mais chaque mois… Ce qui divise par deux le nombre de jours espérés… Du coup, pour rentrer en France, ça va être compliqué et les vacances de Noël se passeront au Texas, c’est une quasi-certitude. Voilà qui ne remonte pas vraiment le moral.

  • le téléphone : déjà que je n’aimais pas le téléphone en France, ici je suis servi. C’est l’un des outils de communication préféré des américains… Et je peux vous dire que parler en anglais au téléphone quand on a déjà du mal sans, ce n’est franchement pas une partie de rigolade ! Mais je n’ai pas vraiment le choix…

… ce qu’il me reste à faire !
Bien évidemment, je ne suis qu’au début de mon aventure ! Il me reste encore plein de chose à faire et beaucoup à découvrir :

  • la langue : il faut impérativement que j’améliore mon anglais (cela va de soi me direz-vous). Mais vu la frustration que cela procure de ne pas pouvoir communiquer ses idées, ça en devient presque un besoin. L’objectif prochain est de maîtriser les verbes come et get qui peuvent vous servir en tout occasion a priori.

  • la région : je dois bien avouer que je n’ai pas encore vraiment visité. J’ai quelque peu vu le centre-ville mais ça reste assez limité. Je vais donc devoir approfondir le sujet, ce qui me mettra sans doute aussi du baume au cœur!

La petite surprise du moment
Normalement, j’avais un indice à vous donner, il s’agissait de l’heure de la publication de cet article… Mais n’ayant pas pu le publier hier, ça n’a plus beaucoup d’intérêt. Il faudra donc me croire sur parole : j’ai enfin eu ma connexion Internet !! Je dois bien avouer que ça soulage grandement de savoir que l’on peut communiquer avec le reste du mon à partir de chez soi !! Et ça facilite la vie lorsqu’on doit contacter la personne qui nous manque le plus !!… Je vous avais dit que ce n’était rien de merveilleux mais je peux vous dire que pour moi c’est plus que merveilleux !!

Pour terminer ce nouvel article et faire un écho au précédent : rassurez-vous, j’ai pu faire ma lessive et j’ai maintenant des vêtements tout propres !! (C’était une information capitale que je me devais de vous communiquer !)

Voilà, c’est déjà terminé pour cette fois-ci ! En espérant que la semaine prochaine j’ai autant de chose à vous raconter…

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine ou un bon début/fin de vacances pour ceux qui ont la chance d’en avoir (il y a des veinards quand même…) !

Une troisième semaine aux multiples facettes…

Voilà déjà la troisième semaine d’écoulée ! On peut dire que le temps ne le prends pas pour filer… Mais finalement, ce n’est pas plus mal puisque ça sera toujours autant de temps de moins à attendre la venue de Winka 😉 (je ne vais pas m’en plaindre) !

De quoi vais-je bien pouvoir vous parler ? Eh bien, continuons sur notre bonne lancée, encore quelques tranches de ma vie sur le sol de Davy Crockett !

Bientôt la sortie du tunnel !
Tout d’abord quelques nouvelles sur mes formalités administratives ! Ce sont des choses qui prennent du temps, c’est certain, et qui ne sont pas des plus agréables. Après les papiers signés au travail, le SSN (obtenu bien rapidement finalement), l’ouverture de mon compte en banque (rapide également), j’ai dû ouvrir un compte chez le fournisseur d’électricité du coin (du doux nom de CPS), souscrire à un abonnement Internet pour être relié au reste du monde (AT&T, mon nouvel ami), acheter une voiture (Toyota Yaris ’11 à $16500 à crédit sur 3 ans, je sais, j’ai fait une petite folie) et l’assurance qui va avec ($1600 à l’année mais ça devrait baisser), payer mon loyer ($784)… Il faut dire que tout ceci m’a coûté pas mal d’argent comme vous pouvez vous en rendre compte et j’ai l’impression de faire chauffer ma carte bancaire (ou mon chéquier) constamment… Vivement que cela se calme un peu.
Normalement, il ne me reste plus grand chose à faire si ce n’est les papiers pour mon accès à l’hôpital (juste pour travailler sur mes parasites, ne vous inquiétez pas !) et passer mon permis de conduire. En espérant que tout ceci se fasse assez rapidement…

En attendant, buvons un coup…
Quoi de mieux que quelques verres de bière pour faire passer la coûteuse pilule. Il faut savoir, pour ceux qui n’étaient pas à Poitiers, que durant ma thèse, j’ai fréquenté assez régulièrement un bar nommé « Palais de la Bière ». Ce bar, comme son nom l’indique, est spécialisé dans la bière avec un choix assez conséquent. Eh bien, la vie est ainsi faite qu’en face de la résidence se trouve un bar nommé « Flying Saucer » (Soucoupe volante) dans lequel, comme son nom ne l’indique pas (je me demande encore quelle est la relation entre ce nom et ce qu’ils y servent…), on trouve là aussi un large choix de bières dont beaucoup de bières européennes (belges, allemandes, irlandaises, françaises,…). Comme quoi, le monde est vraiment petit (la mondialisation a quand même ses bons côtés). Vous pouvez accompagner votre bière par un plat, tout comme au Palais de la Bière. Cependant, même si je n’en ai goûté qu’un, ça n’a pas été la panacée… Ils étaient bien meilleurs à Poitiers. Enfin, les bières, elles, sont toujours les mêmes ce qui est le principal.
Ce bar, Ian et ses comparses me l’on fait découvrir le vendredi de la deuxième semaine de mon séjour. Nous avons rempli à nouveau nos verres ce vendredi. Mais cette fois-ci, cela a été un peu plus rude… Nous étions cinq gars (un Anglais, deux Australiens (dont un gars qui travaille au labo), un Indien et un Français) et les « locaux » semblaient vouloir continuer encore un peu. Au départ, j’avais prévu de faire ma lessive. Vous me direz, une lessive peut toujours attendre mais il s’agissait de ma première lessive… Eh oui, 3 semaines que je tiens avec mes deux seules valises emmenées de France ! J’ai de l’endurance… Enfin bref, il s’agissait du week-end et ma lessive pouvait bien attendre samedi (je n’étais plus à un jour près). Ainsi, je suis parti en exploration en leur compagnie. Comme nous avions déjà tous bu quelque peu, décision fut prise de prendre un taxi. Le taxi driver a bien agrémenté notre (relativement court) trajet : il a discuté avec l’Anglais de l’Angleterre, avec les Australiens de l’Australie, avec l’Indien de l’Inde (avec quelques mots d’hindi). Il n’y a que moi qui n’ai pas eu droit à ma petite anecdote car nous étions déjà arrivé. Mais ce petit tour était bien sympathique.
Ainsi, après le « Flying Saucer », direction un bar nommé le « Twin Peaks » (les Monts Jumeaux). Le nom est assez évocateur lorsque l’on sait qu’à l’intérieur, les serveuses ont des oreilles de lapin sur la tête, un décolté plutôt plongeant et un mini-short pourvu d’un pompon figurant une queue de lapin. C’est ainsi que j’ai bu une énième bière (cela faisait ma cinquième de la soirée). C’était une expérience originale. Une heure plus tard, on sort à nouveau direction un troisième bar. On appelle notre taxi favori pour notre nouvelle petite virée. Nous voici arrivés au « Bikini Bar ». Là encore, le nom est assez clair : les serveuses sont en bikini. Une autre bière accompagnée cette fois-ci d’un shooter de Tequila. À signaler qu’il ne s’agissait pas d’un petit shooter que l’on peut trouver en France mais d’un verre de table à moitié rempli… Dégustation à la mexicaine : un peu de sel, la Tequila cul-sec, un quartier de citron pour faire passer le goût. Il faut dire que ça passe plutôt bien ainsi, même si le goût de la Tequila reste quelque chose de bien particulier. Minuit, le bar ferme. La soirée aurait pu se terminer ainsi mais finalement nos Australiens sont partis pour un autre tour. Direction cette fois-ci un bar de type pub (même s’il était plus américain qu’anglais). Je n’ai jamais su le nom de ce bar… De nouveau une bière et un shooter de Tequila. Et ce fut là mes derniers verres. Il faut dire que nous étions tous bien imbibés mais, pour ma part, je savais que j’avais atteint ma limite. Les autres ont continué (un autre shooter de Tequila, des bières, du Whisky). Je les ai regardé et nous nous sommes bien marrés. Nous avons terminé sur les coups de 2h30 du matin. Nous appelons un autre taxi pour rentrer. Étant l’un des plus « sobres » de la bande, je restai à l’affût histoire ne pas le rater sachant que nous nous étions un peu éloigné du bar (je dois dire que j’ai développé un certain talent à gérer les gens après une petite beuverie). J’avais bien fait car il s’est arrêté sur le parking du bar. Du coup, j’ai un peu couru pour aller à sa rencontre avant qu’il ne reparte. Ils nous a pris, direction la résidence. Sur le chemin, nous avons un peu discuté… en français. Il m’a ainsi raconté qu’il avait fait les vendanges à Bordeaux dans les années 80 et je dois bien avouer qu’il avait encore un français impeccable… Ces taxi drivers m’étonneront toujours. Déjà, en 2010 lorsque j’étais allé en Californie avec des membres de mon ancien laboratoire pour un Congrès, l’un des chauffeurs qui nous avait accompagné connaissait Poitiers… Cela fait toujours étrange de rencontrer autant de personnes (américaines) qui connaissent la France ou parlent français. Enfin, c’était la petite anecdote du retour (cette fois-ci me concernant). Une fois à la maison, direction le lit. La nuit n’a pas été trop mauvaise alors que je n’étais pas vraiment clair. La Tequila n’a pas eu d’effet désastreux (ce que je redoutais). Le lendemain, la remise en forme n’a pas duré trop longtemps. En tout cas, avec cette aventure, on peut dire que j’ai réussi mon intégration aux Texas ! Mais je ne suis pas certain de recommencer cela toutes les semaines pour autant…

… sous le soleil texan !
Boire un verre (ou des verres dans mon cas…), c’est bien ! Le faire au soleil, c’est mieux ! Parlons un peu du temps qu’il fait ici. Je dois bien dire que le climat change radicalement de celui de Poitiers : imaginez une temps incertain tous les jours avec de la pluie de temps à autre, des giboulées de mars bien comme il faut et du ciel gris accompagné de son crachin automnal, hivernal, printanier ou estival, au choix du pictavien. Eh bien ici, rien de toute cela ! Oubliez temps grisâtre et déprimant, bonjour soleil et chaleur estivale ! C’est certain que le climat a un côté revigorant qui n’est pas détestable (surtout quand on a un petit coup de blues). Quand je suis arrivé ici, il faisait déjà 27°C de moyenne. Depuis le mois d’avril, on est plutôt à 30°C. Le temps me rappelle celui de Perpignan… en été… Oui, nous ne sommes qu’au printemps mais ici c’est déjà l’été. Je vous laisse donc devinez les températures qu’il fera dans trois mois… Nous en reparlerons sans doute mais, pour le moment, je profite. Et c’est assez agréable. Bien qu’il y ait une certaine humidité ambiante, les températures qui frisent les 30°C sont plus supportables ici qu’elles ne l’étaient à Perpignan. Cette humidité est surtout visible le matin : parfois, le trajet est accompagné de brume qui terni un peu ce tableau ensoleillé. Mais les épisodes semblent assez rares et toujours temporaire. La pluie également : mise à part mon arrivée diluvienne, il n’y a eu que quelques épisodes pluvieux principalement la nuit, sans doute lorsque l’humidité se condense sous la chute des températures. Donc comme vous pouvez le lire, le climat est plutôt agréable pour le moment et les terrasses et balcons sont les « places to be ». J’y reviendrai sans doute dans quelques temps pour vous racontez comment les choses évoluent !

Voici donc pour les dernières nouvelles, un peu plus courtes que les précédentes mais j’avais un peu moins de temps cette semaine. La prochaine fois, j’essayerai de me rattraper ! En tout cas, j’espère que cela vous plaît toujours autant (en même temps, si vous continuez à lire, c’est que ce ne doit pas être si mal (oui, un peu d’auto-congratulation, ça fait toujours du bien)).

Il ne me reste plus qu’à vous souhaitez une bonne semaine remplie de bonnes choses. Pour ma part, je vous dis à la semaine prochaine !

Sous le brillant soleil du Texas, les affaires continuent !!

Eh bien, nous voici déjà là pour un deuxième round !! On peut dire que le temps passe vite !

Cette fois-ci les dernières péripéties et un petit échantillon de ma vie quotidienne et de la petite routine qui commence à s’installer. Et puis également quelques bonnes nouvelles !!

Le pourquoi de ma présence sur la terre texane : mon nouveau job !
Comme promis, je vais vous raconter ce qui m’amène dans cette belle contrée qu’est le Texas ! Comme beaucoup d’entre vous le savent, je suis docteur en biologie depuis le mois de juin dernier (grand moment !). Mon grand dada depuis mes débuts dans la Recherche (depuis mon Master en somme), c’est d’étudier les interactions entre organismes et plus particulièrement les relations symbiotiques, c’est-à-dire entre un organisme hôte (le plus gros) et un symbiote (le plus petit). Généralement on classe les relations symbiotiques en trois grandes catégories : les relations parasitaires (le symbiote vit au détriment de l’hôte), les relations commensales (chacun vit sa petite vie sans embêter son partenaire) et les relations mutualistes (relation à bénéfice réciproque pour les deux partenaires). Pour ma part et pour faire simple, j’ai principalement étudié des relations parasitaires pour comprendre soit comment l’hôte se défendait face au parasite, soit pour comprendre quel facteur le parasite utilise pour réussir son parasitisme, soit pour comprendre l’impact du symbiote sur les capacités de défense de son hôte. À chaque fois, ces études n’avaient pas d’application immédiate ni en agronomie, ni en santé humaine (eh oui, c’est ça la recherche fondamentale !).
Cette fois-ci mon sujet est un peu différent : il s’agit d’étudier un parasite humain. Il s’agit d’un parasite qui est responsable d’une maladie très répandue dans les zones intertropicales : la bilharziose ou la schistosomiase (deuxième parasitose après la malaria). Cette maladie est causée par un petit vers, le schistosome (ou de son petit nom Schistosoma mansoni). Ce vers est présent chez l’homme dans le système porte mésentérique (entre l’intestin et le foie). Il faut un couple de mâle et femelle pour qu’ils puissent assurer leur reproduction. Lorsque la femelle est fécondée, elle descend toute seule au niveau de l’intestin et pond ses œufs. Une fois les œufs émis, ils traversent la paroi intestinale et se retrouvent dans les selles. Quand la personne infectée va faire ses besoins naturels, généralement au niveau d’un point d’eau, l’œuf se retrouve dans l’eau. De l’œuf émerge un petit miracidium (premier stade larvaire du parasite) qui va se mettre immédiatement à chercher un escargot pour le parasiter. Il ne cherche pas n’importe quel escargot mais une espèce du genre Biomphalaria (car il ne peut se développer que dans une espèce précise, pour des histoires de compatibilité et surtout éviter de se faire éliminer par l’escargot qui ne lui convient pas). Une fois installé dans l’escargot, il va se multiplier de façon asexuée (clonale) pour donner naissance à des milliers de cercaires (deuxième stade larvaire). Du fait de cette reproduction asexuée, l’escargot constitue un hôte intermédiaire. Il y a une raison à cette multiplication intense : il faut savoir que statistiquement la rencontre entre un parasite et son hôte est aléatoire et relativement faible, donc si vous augmentez le nombre de parasite dans le milieu (chacun des parasites issus d’un miracidium est identique à quelques petites recombinaisons près) et bien vous augmentez vos chances de rencontrer votre hôte favori. Ainsi chaque petite cercaire va se mettre à chercher un nouvel hôte humain (hôte définitif car aura lieu en son sein une reproduction sexuée). Une fois trouvé, il fracture la peau au niveau d’un bulbe pileux, reste quelque temps au niveau de la peau puis circule dans le système sanguin jusqu’à se retrouver dans le système mésentérique pour rencontrer un partenaire et recommencer le cycle. Voici grosso-modola vie de ce petit parasite. Vous me direz, certes avoir des vers dans ses veines, ce n’est pas tip-top mais s’ils ne font que pondre des œufs qui se retrouvent dans l’intestin, vous êtes bon pour des problèmes intestinaux mais sans vraiment plus de risques. Eh bien malheureusement, lorsque la femelle pond ses œufs, parfois ceux-ci ne font pas au bon endroit et se retrouvent dans le système circulatoire. Or, le système porte mésentérique présente la particularité, comme tous les systèmes portes, de transporter le sang entre deux organes sans repasser par le cœur (une petite notion d’anatomie : le sang artériel (riche en oxygène) est envoyé aux organes par le cœur et le sang veineux (pauvre en oxygène) quitte les organes, pompé par le cœur). Mais dans notre cas, le sens quitte l’intestin pour aller directement au foie (tout simplement pour apporter les nutriments et éventuellement les toxines au foie pour traitement). Donc, chez nos patients malades, ces œufs peuvent se retrouver dans la circulation et donc aller directement dans le foie. Un peu ça va, trop bonjour les dégâts ! En effet, une fois dans le foie, les œufs sont enkystés et des fibroses se forment induisant une inflammation du foie, conduisant à la mort des cellules hépatiques et à l’arrêt de la fonction hépatique (ce qui est fatal). Cette maladie touche surtout les enfants et les femmes qui ont beaucoup d’activité autour de l’eau. Les enfants porteurs deviennent des adultes diminués ce qui entraîne de lourdes conséquences au niveau socio-économique. Voilà pour le tableau (pas vraiment idyllique…). Il n’existe pas (et n’existera sans doute jamais) de vaccin, seulement des médicaments pour se débarrasser du parasite. Cependant, des résistances à ses médicaments ont émergé chez le parasite et beaucoup d’entre eux sont de moins en moins efficaces.
Pour ma part, je vais me focaliser non pas sur le parasite au stade adulte dans son hôte définitif (beaucoup de chose ont été et le sont encore) mais sur la spécificité d’interaction entre le miracidium (premier stade larvaire) et l’escargot. Plus précisément comment le miracidium reconnaît le bon escargot (spécificité de reconnaissance) et comment il ne se fait pas éliminer par l’escargot (spécificité de compatibilité). Parce que si vous comprenez cette spécificité d’interaction, vous pouvez imaginer soit jouer sur le miracidium soit sur l’escargot pour que le parasite se trompe de cible ou n’arrive plus à se développer dans l’escargot. Ainsi vous interrompez le cycle et dans l’absolu vous n’avez plus de parasite dans la nature (bon, ça ne fonctionnera jamais parfaitement mais au moins on peut diminuer la quantité de parasites). Mon étude va surtout s’attacher à identifier les gènes impliqués dans ces deux types de spécificité afin de mieux appréhender l’interaction.
En gros voilà pour ce qui est de mon futur travail. Beaucoup de boulot en perspective.

La conduite.
Passons maintenant à un sujet un peu plus léger : la conduite aux États-Unis. Vous pouvez être sûr d’une chose : si à San Antonio vous n’avez pas de voiture, vous ne pouvez aller nulle part !! Quasiment aucun transport public (quelques bus mais vu la taille de la ville, autant dire que ce n’est vraiment rien…), pas de métro, pas de RER. La voiture sinon rien. Pour ma part, je suis un petit chanceux car l’Institut dans lequel je travaille propose des voitures à la location (il n’y a pas de petits revenus). Par conséquent, mon superviseur m’en avait réservé une pour que je puisse me déplacer et ce dès le premier jour. Ainsi dès la fin de ma première matinée, j’ai pris la route en direction du cabinet médical du coin pour quelques examens (vous vous en souvenez). Bien évidemment, aux États-Unis, les boîtes de vitesses sont quasiment toutes automatiques. Même si la prise en main est assez rapide, il y a quelques réflexes qui font mal (littéralement)… Que faire de son pied gauche lorsqu’il n’y pas plus de pédale d’embrayage ? Je vous le donne en mille : on appuie sur la première pédale qui vient sous le pied à savoir le frein… Ma première marche arrière fut de toute beauté, je peux vous l’assurer ! Dans la conduite, le mot réflexe n’est pas superflu (nous sommes quelque part tous un peu des chiens de Pavlov). Vous pouvez avoir une conscience aiguë de votre environnement, après douze ans de conduite, la première chose que vous ferez en démarrant votre voiture est d’appuyer encore sur la pédale de frein… Il m’a fallu une semaine pour me contrôler. Deuxième obstacle : le frein à main ! En fait, il n’y en a pas… Le frein parking est une pédale située complètement sur la gauche. Vous l’enfoncez, le frein est enclenché. Pour libérer la voiture, il faut tirer une petite manette (style manette d’ouverture de capot). Et si vous n’y pensez pas, il n’y a qu’un malheureux voyant sur le tableau de bord pour vous le rappeler. Mais le voyant ne parle pas et lorsqu’on est un peu déphasé par un décalage horaire de 7 heures, rien ne vous empêche de faire quelques mètres sans desserrer le frein. Au final, vous sentez tout de même une gêne qui vous rappelle à l’ordre (qui a dit que je parle d’expérience…). Mais, mis à part ces deux petites particularités, on profite assez du confort que cela procure.
Me voilà ainsi parti sur les routes américaines. Le confort de votre boîte automatique devient vite un allier surtout quand on est confronté à un nouvel environnement comme les routes américaines et particulièrement les fameuses autoroutes : une autoroute à 2 x 5 voies sur laquelle on peut se faire doubler par la droite, ce n’est pas forcément dans nos habitudes… Du coup, le double d’attention est nécessaire (rétroviseurs bien réglés et radio éteinte). Mais une fois l’habitude prise, les choses sont assez simples : on se met sur sa voie et l’on en change que si l’on doit changer de direction. Parce qu’ici, les voies ne sont pas faites pour doubler mais pour s’orienter. Si vous avez saisi ce concept, vous ne craignez plus rien (ou presque). Ainsi le fait de doubler par la droite prend tout son sens et est même essentiel : de par la structure des autoroutes (embranchements et séparations d’autoroutes) et le nombre de sorties (en gros une tous les trois kilomètres), il est impensable de se comporter comme sur une autoroute française ! Si c’était le cas, la voie de droite serait complètement bouchée à chaque sortie et les voies de gauches ne seraient jamais occupées… Bien évidemment, le dépassement par la droite implique que vous n’avez pas intérêt à oublier vos angles morts et si vous vous réveillez avec un torticolis, bon courage…
Par ailleurs, il faut bien avouer que les gens conduisent dans l’ensemble assez moyennement. Les distances de sécurité : oubliez le concept. Vous entrez sur l’autoroute, regardez bien votre angle mort (me suis fait deux trois frayeurs qui m’ont bien remis en place). Vous ne souhaitez pas avoir de problèmes avec votre pare-choc, investissez dans un pare-buffle ! Pour ma part, ma voiture a le pare-choc côté avant droit enfoncé. Je vous rassure, le dommage était là avant que je ne la prenne. Pour résumer, ne faites confiance qu’à vous même et préparez-vous à appeler votre assurance à tout moment (j’ai vu un bel accrochage avec pare-choc au sol il y a quelques jours). Regardez aussi les messages d’informations sur les autoroutes qui vous informent sur quelle portion il y a eu un bel accident…
Quoi qu’il en soit, au bout de mes deux semaines de conduite, je n’ai eu aucun problème à déplorer si ce n’est quelques sorties manquées (il faut dire que se repérer est assez difficile : tout se ressemble…). D’ailleurs, le premier jour, pour rentrer chez moi, j’avais pris la mauvaise autoroute qui m’a conduit à la limite Est de San Antonio (alors que je devais aller au Nord). Enfin, ça ne m’a pas coûté grand-chose si ce n’est du temps et de l’essence… Lors de mon premier jour, j’avais lu dans un article du Times qui traînait dans la salle d’attente du fameux cabinet médical que les Américains se plaignaient du prix du gallon qui commence à attendre les $4 (soit un peu plus de $1 le litre). Ça m’avait doucement fait rigoler car en France, le prix du litre est le double. Maintenant, je rigole beaucoup moins… Tu m’étonnes que les États-Unis ne voulaient pas signer les accords de Kyoto en 1997… En deux jours, j’ai consommé le 1/4 du réservoir… Un plein me coûte $60. À raison d’un plein par semaine (même si je soupçonne que la voiture est un véritable veau), la facture pourrait s’élever à $240 par mois (soit plus élevé que ce que je consommais à Poitiers). Ici, les distances n’ont rien avoir avec les standards que l’on connaît en Europe. Un exemple : l’Institut est à 20 km de chez moi. Je mets entre un quart d’heure et vingt minutes selon le trafic (à raison d’une moyenne de 65 mph soit 105 km/h). Faire ceci en ville un matin en France, ce n’est même pas la peine d’y penser… Ici, ça ne pose pas de problèmes. D’ailleurs, je pense que c’est l’une des clés du succès et de la taille des villes américaines. Même s’il y a des bouchons pendulaires comme partout (les fameux rush hours), ça roule tout de même assez bien. Par ailleurs, je comprends maintenant pourquoi les États-Unis ont gardé le système de mesure impériale : c’est sans doute pour éviter de s’effrayer (même s’il doit y avoir des raisons plus profondes). Enfin bref, conduire à San Antonio (et aux États-Unis) est franchement une expérience à vivre !! En espérant que ces trois prochaines années soient sans encombre.
Et pour la petite anecdote, sachez que les simulations de conduites telles que GTA ou Driver (jeux vidéos pour les non-initiés) sont très fidèles autant dans le style de conduite (assez lent en ville) que dans l’environnement (vous croisez toujours les mêmes modèles de voitures). Ça m’a bien fait sourire sur le coup. Donc si vous voulez tester la conduite aux États-Unis, conduisez une voiture dans un de ces jeux 😉 !

L’alimentation.
Ah l’alimentation et les États-Unis. Vaste sujet que l’on connaît surtout par les médias ! Je dois bien avouer que ce fut une de mes craintes lorsque je suis arrivé ici : quel produit allais-je trouver ? Eh bien, ma première véritable visite dans un magasin d’alimentation a été surprenante ! Je ne vais pas retenir ce suspense haletant plus longtemps : on trouve quasiment les mêmes produits qu’en France à quelques exceptions près !! Le rayon légume est plus que fourni : salades, tomates, avocats (ça, c’était certain), choux de chine, artichauts (si si !), brocolis, céleris, carottes, courges, épinards, champignons (de Paris et autres), et j’en passe. Côté viande, pas trop de surprises : belles pièces de bœuf, poulet, saucisses, jambon (cuit, le cru (serrano) coûte une petite fortune). Il y a du fromage et pas qu’un peu : Brie, fromages de chèvre, fromages à pâte pressée !! La seule chose que je n’ai pas trouvée est le gruyère râpé (mais ils ont de la mozzarella râpée qui fera très bien l’affaire). Niveau condiments, il y a aussi tout ce qu’il faut : sel (La Baleine, je n’ai pas pu résister, j’en ai acheté), poivre, cannelle, et autres (mais pas de bouquets garni). Il y a aussi de l’huile d’olive (étant un grand consommateur, c’était une nouvelle plus qu’excellente) et du vinaigre balsamique. Vous pourrez aussi trouver des pâtes, du riz et des conserves (petits pois et haricots French Style (sic)). Bien évidemment, vous avez aussi un rayonnage produits surgelés impressionnant : en fait pas tant les produits pour cuisiner (style poissons et crevettes) que les produits déjà cuisinés. Vous pourrez trouver de tout. Préférant faire moi-même ma tambouille histoire de rester en contact avec ma culture, je ne m’y suis pas attardé. Autre chose également très surprenante : la quantité de produits traduits en français. Je ne pensais pas qu’il y en aurait autant. Je suppose que l’influence de la Louisiane proche n’y est pas étrangère. Donc comme vous le voyez, de vraies bonnes surprises. Et pour clôturer le tout, vendredi soir, j’ai appris que l’on pouvait trouver du pain français dans un magasin particulier (à suivre). Franchement une bonne nouvelle !!
Côté infrastructure, il faut savoir qu’ils ont bel et bien des chaînes types Leclerc et autres mais ils n’ont pas vraiment d’hypermarchés (de ce que j’en ai vu pour le moment). C’est plutôt du style supermarché assez petit. Ce qui n’est pas plus mal, surtout quand vous avez du mal à prendre vos repaires et que vous faites trois fois le tour du magasin !

Voilà pour les quelques moments de vie à San Antonio. Quelques bonnes nouvelles tout de même : un compte en banque d’ouvert, la réception cette semaine de mon numéro de sécurité sociale (enfin j’existe !! Moi qui pensais que ça prendrait deux semaines) et donc bientôt une connexion internet à la maison !!

J’espère que ce petit récit vous aura diverti !! Pour la prochaine fois, ce sera la surprise (de quoi pourrais-je bien vous parler)

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne semaine et vous dis à bientôt !!

Première semaine dans ma nouvelle contrée et déjà plein de choses à dire !

Voici mon premier petit bonjour texan ! Qui l’eût cru qu’un jour je me retrouve à San Antonio dans la patrie de JR et Sue Ellen à faire de la recherche sur un parasite humain de classe mondiale… En tout cas, pas moi ! Mais j’en suis très content !!

J’ai finalement opté pour un blog afin de donner des nouvelles. Ça me permettra de gagner un peu de temps (non pas que je veuille éviter écrire des mails à tout le monde, bien au contraire, mais ça reste le moyen le plus efficace et le plus simple de donner la même info à tous) et à vous, cher lecteur, de venir quand vous le souhaitez. Comme je suis au comble de la modernité, j’en profite aussi pour vous dire que ce blog possède un flux RSS (cf. la section Méta sur la droite) qui vous permettra d’être averti des nouveaux articles postés (comme cela, vous n’aurez pas à vous rendre tous les jours ici pour savoir si une nouvelle tranche de mes aventures a été publiée). Pour utiliser les flux, il existe différents logiciels : Firefox et Thunderbird (Windows/Linux), RSS Bandit (Windows), Akregator (Linux) ou même des widgets (sous Windows et Linux). Vous avez l’embarras du choix pour me suivre ! Sachez tout de même que pour le moment, le rythme de publication devrait être hebdomadaire (pour des raisons techniques puisque je n’ai Internet qu’au travail et, au travail, j’aurai autre chose à faire que publier des articles sur mon blog…). Peut-être que cela changera plus tard.

Me voici donc dans mon nouvel environnement !! Nouvelle aventure dans le Nouveau Monde ! Je peux déjà vous garantir qu’il y a du changement bien qu’on soit toujours dans le monde occidental. Dans ce premier article, je vais vous raconter mon arrivée, ma première semaine d’embauche, le commencement de ma nouvelle vie en somme. Prenez un peu de temps devant vous, vous allez avoir de la lecture 😉 (ceux qui me connaissent bien savent que je suis prolifique). Let’s go !

Mon arrivée.
Avant de parler de mon arrivée, quelques mots de mon départ (pour arriver quelque part, ne faut-il pas en partir d’un autre ? Très philosophique n’est-ce pas…). Je vais vous la faire assez courte : Poitiers-Paris en train, une nuit à Paris, départ à Charles de Gaulles, voyage fait en compagnie de ma chère et tendre Winka. Il est vrai que Winka et moi-même redoutions un peu le moment de la séparation. Quatre mois sans se voir, ça fait un peu long. Mais bien qu’il soit assez difficile de s’y préparer, on a tenu le choc (de toute façon, nous n’avions pas le choix). Les dernières minutes furent bien trop courtes et l’on ne prend réellement conscience de la séparation qu’une fois l’être aimé de l’autre côté du tapis roulant. D’ailleurs, ces tapis roulants sont assez remarquables car, certes faits pour vous faire gagner du temps, ils vous prennent aussi en charge lors de ces moments : sans aucun mouvement de votre part (si ce n’est mettre le pied dessus), il prend l’initiative de vous séparer de la personne que vous ne voulez pas quitter. Je ne suis pas certain que les concepteurs d’un tel matériel aient vraiment pensé à cette fonctionnalité à l’origine… Suite à ce premier moment vient le second où vous réalisez pleinement la séparation en vous asseyant dans l’avion, décollant pour un autre continent. À vrai dire, ça vous occupe une sacrée partie du voyage. Mais c’était inéluctable et je ne pense maintenant qu’au mois d’août, au moment où je retrouverai Winka dans l’aéroport de San Antonio !! Et à mon avis, ça arrivera bien plus vite que je ne le pense (déjà une semaine d’écouler et je n’ai rien vu passer).
Première destination : Charlotte en Caroline du Nord. Voyage : 8h30, deux repas, un film, un livre et quelques heures de sommeil. Immigration : un petit quart d’heure d’attente, quelques questions, les réponses qui vont bien et la prise des empreintes et de la photo. Récupération des bagages, passage par la douane, réenregistrement. Passage sur le sol américain : check sécurité nécessitant l’enlèvement des chaussures, de la ceinture, de mon PC et de ma tablette du sac-à-dos. Et me voici enfin aux États-Unis d’Amérique. Initialement, il était prévu 2h30 de temps pour prendre ma correspondance mais, en arrivant à Charlotte, je me suis rendu compte que l’avion était arrivé avec une heure d’avance. Comme il est impossible que l’avion n’aille plus vite que sa vitesse maximum, les deux hypothèses qui me sont venues à l’esprit sont (a) une erreur de la part de l’agence (étrange surtout que tout est réglé électroniquement maintenant) ou (b) un passage à l’heure d’été. Mon téléphone m’a permis de trancher : il s’agissait bien d’un passage à l’heure d’été puisque j’ai dû activer cette option lorsque j’ai choisi le fuseau horaire de New York pour obtenir l’heure correcte. Moi qui pensais que la date du passage à l’heure d’été pour les pays qui choisissait le changement était universelle, belle déconvenue. Mais par la même occasion, j’ai gagné une heure pour ma correspondance, de quoi prendre mon temps avant mon prochain avion (ayant raté ma correspondance à Houston lorsque j’étais venu pour mon interview le mois dernier, ça m’a bien changé) et donner quelques nouvelles par la même occasion. J’aurais bien voulu utiliser mon téléphone pour envoyer quelques SMS mais, malgré l’activation du mode international, impossible de faire quoi que ce soit (merci Orange…). Du coup, à défaut de téléphone, je me suis rabattu sur Internet et j’ai eu la chance de profiter du Wifi gratuit de l’aéroport. Ça m’a occupé les deux heures et demie d’attente qui me restaient. Puis le temps du nouvel embarquement vint : direction San Antonio. Le vol s’est bien passé mais l’arrivée a été assez turbulente (au sens littéral). Il faut dire qu’il y avait un sacré mauvais temps à destination. Je dois bien avouer que j’étais un peu moins confiant qu’à mon habitude, vu les écarts que faisait l’avion lors de sa phase d’atterrissage. Mais les pilotes furent à la hauteur de leurs qualifications ! Et comme vous pouvez le lire, je suis arrivé sain et sauf. Mais, comme l’a dit Tim (mon superviseur), mon arrivée dans ma nouvelle ville fut magistrale : pluie torrentielle et éclair majestueux ! J’ai appris deux jours plus tard qu’il s’agissait d’une tempête orageuse qui ne se produit en gros que tous les dix ans (et encore nous avions eu de la chance puisque nous étions à la lisière de ladite tempête…).
Une fois sur le sol texan, direction la récupération des bagages. À ce moment-là, je pensais voir Ian (l’un des post-doc de l’équipe qui devait venir me chercher). Pas de Ian mais toujours pas de bagages. Donc l’un dans l’autre, pas de problème. Les bagages sont arrivés et puis Ian par la même occasion (non, il n’était pas sur le tapis roulant, rassurez-vous). Après nous être salués et avant de m’accompagner à ma nouvelle résidence, il m’a proposé de passer au supermarché pour acheter des babioles de première nécessité. Je dois dire que ça m’arrangeait bougrement même si j’avais prévu de le faire le lendemain soir. Donc direction le supermarché pour acheter couverts (2 assiettes, 2 bols, 4 fourchettes, 4 couteaux, 4 cuillères), 2 verres, un drap-housse, deux tests d’oreillers, un rideau de douche et de quoi petit-déjeuner (du pain, du beurre et de la confiture). Je vous raconterai en détail ce qu’est un magasin à l’américaine. Mais sachez qu’on est loin d’être perdu (vive le mode de vie à l’occidentale). Une fois équipé, direction l’appartement. Autant le chemin vers le magasin s’est fait sous des trombes d’eau et de beaux éclairs, autant mon arrivée à l’appartement s’est faite au sec (tant mieux car j’avais des bagages et des paquets à décharger). J’ai ainsi découvert l’appartement et je dois bien avouer qu’on s’y plaît très vite : spacieux et meublé (bon, les meubles, je les loue pour 6 mois, il faudra que je m’en trouve d’autres) !! De la moquette toute douce… Un frigo, un lave-vaisselle ! Je vous le décrirai plus en détail la prochaine fois et quelques photos viendront vous montrer mon nouveau chez moi (et futur chez nous) !! Après une inspection rapide et la préparation de mon lit, hop au dodo… Après tout j’étais debout depuis 20 heures ! Mais la nuit ne fut pas de tout repos puisque le gros de la tempête s’est produit durant cette période : tonnerre, éclairs, pluie battante. Déjà que le décalage horaire ne jouait pas en ma faveur, là, j’étais servi : réveil toutes les deux heures… Mais le principal était bien d’être chez soi, dans son nouveau lit !!

Ma première semaine d’embauche.
Après cette première nuit délicieuse et reposante, j’ai pu attaquer ma première journée dans mon nouveau pays (mardi). Une fois préparé, la première étape fut d’aller signer les papiers du bail au bureau de la résidence (qui se trouve par chance à l’entrée). On m’a remis l’état des lieux (à faire soi-même, ce qui est assez original). Ian est ensuite venu me chercher, direction l’Institut. J’en ai profité pour prendre quelques repères sur le chemin. Mais en discutant, ce fut tout de même assez dur. Une fois à bon port, je suis allé voir Tim, histoire de voir que j’étais bien arrivé et de discuter un peu. Puis direction les ressources humaines. Signature des différents papiers (contrat; choix de la mutuelle et règlements). Entre apposer mes initiales et signer, j’en ai fait quelques centaines de mètres avec mon stylo bic… Première partie le matin, seconde l’après-midi, le tout entrecoupé d’une visite médicale dans un cabinet du coin. Pour m’y rendre, j’ai pris la voiture de location de l’Institut qui m’avait été réservée et que j’utiliserai durant le mois qui vient. Dompter la bête ne fut pas facile mais j’y reviendrai une prochaine fois. Au cabinet : bilan sanguin et urinaire, test tuberculinique et vaccination DTP. Ironiquement, pour cette dernière, j’avais fait mon rappel en France le mois précédent. Au final j’avais bien fait car la réaction que j’avais eue à l’époque a été assez forte et je n’aurais pas aimé l’avoir aux US. Visite médicale de deux heures avec comme cadeau de départ mon sérum à remettre à l’Institut (sans doute pour des tests au cas où). Et c’est dans ce cabinet médical que j’ai appris que lobby signifiait salle d’attente. Ceci donne tout son sens au mot lobbying… Après toutes ces procédures, me voilà enfin libre vers 16h. Je peux enfin m’installer dans le bureau qui sera le mien pour les trois prochaines années au moins. Bureau partagé avec Ian. Franchement, je n’ai jamais eu d’aussi grand espace de travail. Je ferai aussi quelques photos. Ça pourrait même faire des jaloux en France 😉 ! J’en ai ainsi profité pour écrire quelques mails. De retour chez moi avec ma nouvelle voiture, un peu fatigué, je me suis reposé. Le soir, j’ai repris la route pour trouver le magasin de la veille histoire de me trouver un peu de nourriture à mettre dans le frigo. J’ai eu beau tourné et viré, rien à faire, je ne retrouvais pas le magasin. Je fais donc demi-tour et rentre chez moi. J’apprendrai le lendemain en regardant la carte que je m’étais arrêté à 20 mètres du lieu désiré… Le lendemain (mercredi), les procédures ont continué : demande de numéro de sécurité sociale (qui n’a pas grand-chose à voir avec la sécurité sociale…). Une heure d’attente, vingt minutes d’entretien, deux semaines avant de recevoir la carte dans ma boîte aux lettres. Sans ce numéro, point de salut : aucune démarche administrative faisable même pour souscrire un pauvre abonnement Internet. Sans ce numéro, vous n’existez pas… L’après-midi, première réunion de travail. Le soir, les fameuses courses. Le lendemain, encore des démarches : ouverture de compte (sans numéros de sécu mais là, j’ai un peu de chance je dois dire car l’Institut appartient à un grand groupe de recherche du coin qui possède une banque !). Deuxième réunion de travail (cette fois-ci entre Tim et moi pour parler du projet). Et j’apprends qu’en centre-ville se déroule un congrès de génétique que me conseille vivement Tim. Ce congrès commença le jeudi après-midi et m’a occupé le vendredi et le samedi matin. Comme vous pouvez le voir, une semaine qui n’a pas manqué de peps et de travail ! On verra ce que donnera la prochaine.

Eh voilà, ce sera tout pour cette semaine (enfin, c’est déjà pas mal, ça vous aura au moins occupé quelques minutes). Si vous souhaitez laisser des commentaires, n’hésitez pas ;-), je me ferai une joie de les lire et d’y répondre si nécessaire. Une petite bande-annonce pour le prochain article : je vous parlerai des raisons pour lesquelles je suis ici (eh oui, je ne suis pas en vacances) et sans aucun doute de mes nouvelles péripéties (la conduite aux US et la nourriture (que peut-on bien trouver à manger au Pays de l’oncle Sam ?)).

Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne semaine et vous dis à bientôt !!